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vendredi 15 mai 2015

Apologie d'un sacrilège

Après la bravoure

Extrait d'un long interview de Jose Escolar Gil sur un portail taurin espagnol "Pureza y Emoción" :

"En las tientas me fijo más en el caballo que en la muleta, porque la suerte de varas es lo fundamental para ver si el animal es bravo. A mí me gusta que el toro después sea bravo en la muleta y que tengan los máximos pases posibles, pero sin la suerte de varas yo no estoy conforme con un animal y no le dejo en la ganadería."

Dans ce long entretien, le ganadero fait l'éloge de l'aficion française et c'est toujours agréable de se faire gratter sous le menton par un tel personnage. Il rappelle son goût pour le toro de caste et la nécessité d'un tercio de varas qui ait du sens.
Mais parler de "bravoure dans la muleta" est une digression verbale et mentale qui va effrayer les ultra-néo-conservateurs pour qui ce concept est synonyme de dépravation et de pollution mentale diurne... Imaginez une vieille fille, catéchiste à Beaucaire, qui croirait au père... au fils... mais pas au saint esprit ! 

En faisant l'éloge du toro complet, le sorcier de Lanzahita  fait péter le dogme sans le savoir, il dit "Moi, j'aime que le toro soit brave dans la muleta et qu'il ait le plus de passes possibles."

Quelle horreur.

Mais quel bonheur.

El Ubano

vendredi 6 février 2015

1985 - 2015

Il y a trente ans Alavaro Domecq y Diez publiait "El Toro Bravo, Toreria y practica de la bravura" il y rappelait les traditionnelles méthodes d'élevage, et revenait sur les définitions de bravoure, race et caste. Il venait remettre un peu d'ordre sur les notions de morphotype, le poids, la taille, les cornes et les méthodes d'élevage. Un discours au bout de son expérience de vieil éleveur et cavalier, un peu dépassé par la tournure des choses.

Extrait:

« On a attaché trop de prix à la bonté du taureau; on a trop fait pencher la balance en faveur du torero, pour lui permettre d'exécuter sa faena en enchaînant les passes. Or cette bonté si recherchée n'est le plus souvent que le manque de nerf, autrement dit de caste. En diminuant celle-ci, en, la diluant, nous avons produit un nouveau facteur de chute. » 

« Sans parler du caparaçon, la taille du cheval est à présent démesurée. Pour des raisons de sécurité et d'économie, on choisit des mastodontes, et non des bêtes efflanquées d'antan à la merci des coups de corne, mais agiles et faciles à dominer. Contre ces chevaux protégés par un caparaçon qui descend jusqu'à terre, blindés par ce matelas, le taureau perd son sang, s'effondre, reçoit des lésions qui naturellement influent sur ses chutes. »

Ils étaient, comme lui, nombreux et bien placés pour le dire. Depuis longtemps. Mais énoncer des évidences n'aura pas suffi à changer le cours des choses. Le système resta le plus fort. Aussi faut-il les répéter, encore et toujours, en attendant les jours meilleurs.

El Ubano