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lundi 11 août 2014

Parentis : journée continue

Parentis -  © Marc Gérise


Tout avait pourtant mal commencé dès le matin avec quatre novillos du Marquis d’Albaserrada. Un rien chétifs, l’œil triste, le pied incertain, un moral chafouin et donc une prestation pénible.
Dix rencontres au cheval qui se décomposent en sept puyas et trois bricoles.
Huit chutes soit… mais huit chutes de novillos… des vraies.

Une matinée ennuyeuse et un peu triste quand on connaît la belle histoire de cet aficionado parti de France voici longtemps et qui devenu  mayoral, à force de persévérance, doit se demander quel usage il fera de ce qu’il a vu. 

Chez les novilleros :
Tulio Salguero, Daniel Crespo… des efforts certes.
Salguero : s’est beaucoup exposé à rien par extraction de passes isolées, pinchazo et estocades à ses deux bestiaux.
Crespo : quelques séquences valables à gauche à son premier et bajonazo de catégorie. Il se rattrape à son second bravito en le laissant mal piquer à trois reprises, pinchazos et pinchazos et vieux coup de lardoire.

L’embellie vint en soirée avec l’hommage vibrant au grand homme que fut Hubert Yonnet.
Pierre-Albert Blain, chroniqueur taurin radiophonique de France Bleue (si Bleue), avait mis toute sa verve et sa puissance évocatrice. Il s’en fut a mas puisque le propos se terminait en provençal ancien qu’il devrait utiliser systématiquement à l’antenne pour notre plus grande satisfaction.
Ceci dit, l’émotion et le recueillement convoqués étaient bien au rendez-vous. Les novillos arborèrent la devise noire. Mais... émotion n'est pas raison.

La course : ceux de Parentis, ceux de Camargue, de Beaucaire, les hollandais du Camping des Cigales, les cévenols et les clubs taurins du Sambuc ont aimé.
Les montois, un dacquois, les gradins populaires soleil et les fanfares ont trouvé le temps long. Soucieux d’éviter l’affect gras, le parti pris et la subjectivité jamais très éloignée de la roublardise quand il s’agit de témoigner de choses taurines, nous pouvons nous contenter d’un rapport sec :
  • Présentation modeste pour les trois premiers puis très sérieuse ensuite.
  • Dix-sept rencontres : sept puyas et une scandaleuse carioca. Le reste consiste en puyitas et refilones. Rarement mis en suerte ils ont plus souvent glissé vers la cavalerie que chargé.
  • Le premier novillo, brave, aurait voulu pousser trois fois mais manquait de pattes.
  • Le deuxième, bravito, dut être ménagé par Millan. Il termina réservé.
  • Le troisième, faible, s’arrêta vite et secoua vilainement Valencia.
  • Le quatrième, massacré aux piques, dut s’agenouiller et en conserva un ressentiment certain (sentido). Luis Gerpe coupa là une oreille après pétition minoritaire, la présidence eut sans doute pour souci de valider une interminable carioca.
  • Le cinquième a terminé soso et tardo après un tercio de varas "en bordel" en trois rencontres (sur l’épaule ou en pratiquant l’ouvre-boîte).
  • Mais le bon sixième, le plus complet, encaissa trois belles piques malgré un  "agenouillage" et sauva donc la tarde en laissant son oreille à Valencia  pour la plus grande satisfaction des "béluguophiles notoires" qui ont sentimentalement retenu le bon côté des choses.

Ils ont toute notre considération aussi ; et la rubrique "commentaires" leur est largement ouverte.

El Ubano

mardi 29 juillet 2014

Trois fois rien

Tomas Angulo

© Bertrand Caritey


Crouiiiiic crrrrrac crrrrrrrrr vzzzzzzz boum !
Et puis on se recroqueville dans un édredon de silence angoissé quand, enfin, le deuxième novillo de la matinée cesse de molester le jeune homme à terre après l'avoir tamponné de plein fouet. A ce stade, imaginer que Tomas Angulo puisse sortir vivant de l'infirmerie relève de la plus pure fantaisie. Et pourtant, il revient pour mettre l'épée. Le bruit qu'on avait entendu, ce n'était sans doute pas grand-chose, à peine quelques côtes cassées... Trois fois rien.


Le courageux avait préalablement su profiter de la très bonne corne droite du novillo avant de lui proposer une muleta un peu trop timide à gauche. Vuelta pour ce n°30, par deux fois gaillard au cheval quoique sortant seul après la seconde ration.
A quatrième, Angulo accuse le coup et, après une larga de rodilla particulièrement désordonnée, escamote la charge bouillonnante de l'animal qui ira mourir au centre avec une épée contraire dans le corps.


Juan Millán n'a pas le feu sacré. On lui sera reconnaissant d'avoir accepté de venir se coltiner les Valdellan mais là s'arrête son mérite. Le problème, c'est qu'il ne torée pas. Il fait des trucs qui n'ont pas le moindre pouvoir de soumission et c'est ainsi que, après une réception assez vulgaire et de qualité médiocre que la faena n'a pas pris la peine de démentir, il gâche bêtement son encasté et deuxième opposant. Son premier novillo aura été le moins intéressant : pas beau, poltron au cheval, ne baissant jamais vraiment la tête dans la muleta indécise qui lui était présentée, et liquidé d'un bajonazo qui m'a paru prémédité.
 

Salut discret du mayoral qui venait de nous proposer trois novillos (sur quatre) bien faits et raisonnables de tête, dont les combat nous ont donné très grande  envie de découvrir leurs frères aînés à Azpeitia en fin de semaine.
 

Présidence émotive. 

Prix au meilleur piquero desierto.

Zanzibar