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mardi 6 octobre 2015

· · · — — — · · · Otoño en détresse

C'est l'automne et on est là, comme les musiciens de première classe du Titanic, on assiste au désastre, sans colère, avec fatalisme, presque consciencieusement. J’oserais même dire, à la réserve près qu'on ne va pas en mourir, qu’on fait face à la débâcle avec une certaine dignité. Ça fait 3 jours qu'on est englouti dans le dramatique naufrage ganadero du plus important paquebot, pardon, ruedo, du monde. Avant chaque course, les plus en forme d’entre nous brandissent des pancartes comme autant de SOS. Des tas de revendications saluées par de belles ovations, ça oui. Mais pas un toro qui déboule en piste propre à sauver notre aficion en détresse. 

Les novillos sans tempérament de Cesar Rincon (qu'on n'aurait aucun mal à applaudir dans une arène de deuxième catégorie) se tenaient debout par un miracle d’équilibre et n'ont pas provoqué le moindre soupçon d'émotion en piste. Filiberto et Alejandro Marcos ont hasardé quelques faenitas avec plus (Marcos) ou moins (Filiberto) de bonheur… Joaquin Galdos n'a pas convaincu.
Je ne sais plus qui a dit "Que l'important soit dans ton regard et non dans la chose regardée"... Mouais.  Faudrait voir à pas pousser la blague plus loin que l'aphorisme non plus.

Les choses empirent le lendemain où l'on vit sortir un lot calamiteux du Puerto de San Lorenzo (accompagné par un cousin de Valdefresno tout aussi mauvais) pour l’improbable mano a mano Urdiales vs. Lopez Simon. Mansos, sans race, douillets, fuyants, faibles au mieux, impotents au pire. Des toros de poche qui, décorés d'une grande porte, nous seront fatalement infligés l'an prochain. A bien y réfléchir, la grande porte n'est pour rien dans cette affaire et Fraile peut bien continuer à fabriquer ses toros sur le même modèle puisqu'il réussit à les fourguer tous les ans. Pourquoi pas d'ailleurs ? Puisque, à chaque fois, nous revenons...
Face au 3ème, un utrero (à moins bien sûr que le bicho soit né le 1er ou le 2 octobre 2011), Urdiales construit minutieusement sa faena, chaque nouvelle passe résultant de la précédente. C’est plein de finesse, sans apprêt. L’ensemble n’est pas assez puissant pour améliorer dans la longueur cet adversaire au genio saillant, mais Diego vient de nous rappeler avec rigueur, technique, et simplicité, pourquoi il est un grand torero. 

Lopez Simon quant à lui a ouvert la Grande Porte... Une Grande Porte revendiquée ou décriée, selon que l'on a ou non été sensible au toreo très conceptuel du jeune homme. Une Grande Porte importante ou dérangeante selon qu'on lui a ou non pardonné l'oreille que le palco lui a, de guerre lasse, attribuée à son premier. Sérieusement blessé par ce premier opposant, et scénographiant savamment ses allers et retours à l’infirmerie, Lopez Simon est crânement revenu pour torée ses deux derniers adversaires. La deuxième oreille est tombée après une foutue énorme série à droite et une épée extraordinairement aguantée en recevant le toro mais... est-ce que c'est ça une Grande Porte à Madrid ? Plus tard, j’ai appris que le jeune prodige avait été d’une toreria géniale. Peut-être n'ai-je pas su l'apprécier… N’empêche que, en fin de série, le taureau allait toujours là où il ne fallait pas. Se mettre dans un sitio de ouf, se "coloquer" là où personne n'ose aller et, par principe, ne pas rectifier la position, c’est très bien, mais, le bateau a beau sombrer, ça ne me chavire pas.

Avec les Vellosino, je crois bien qu’on a touché le fond. Ce bétail, c'est la lie du campo. Gonzalo Caballero, soucieux de montrer sa bonne volonté, s’avère étonnamment digne et sagace avec son toro d’alternative. Il sera très différent au sixième… Eugenio de Mora est peu inspiré mais très sérieux malgré ses postures cocasses. Uceda Leal est peu inspiré tout court (mais il met de belles épées). 

Finalement, notre Carpathia à nous, ce fut la (mala) casta des Adolfo. Deux heures de danger qui nous ont sauvés. Un rêve presque oublié pour les aficionados. Un cauchemar pour les hommes aux bas roses… Des toros de combat, tous différents les uns des autres, compliqués, fuyants, avisés, imprévisibles, à la charge incertaine (sauf le dernier dont la charge fut plus franche - et le cinquième qui ne tenait pas sur ses quilles) et qui se retournent à la vitesse de la lumière. Des toros qui prenaient un acompte sur l’existence des hommes à chacune de leurs erreurs. Une course entretenue de bout en bout par la multiplicité des complications et encadrée de chaque côté par deux preux toreros. 
Robleño parait avoir pris 20 ans entre 2012 et aujourd’hui... Il est encore présent dans des courses très dures comme celle de ce dimanche, mais de manière bien fugace, et on est tristement tenté de penser qu'il devrait se couper la cadenette avant qu'on oublie complètement quel torero il a été.
Paco Ureña a un déconcertant mouvement de poignet qui lui rabat la muleta dessus, comme une invitation explicite à la bousculade. Naturellement, ça ne manque pas et son affreux premier adversaire chope fissa tous les défauts qu’il n’avait pas à l’origine. Le sixième et dernier toro de l’envoi est à l’affût de l’homme mais moins pervers que ses frères. Le murciano s’arrime et, pendant quelques secondes, on se dit que, dans l’histoire du monde, il y a eu le feu, la roue, et puis les naturelles de Paco Ureña. A l’épée tout est perdu, fors l'honneur. 
L’autre grand, très grand monsieur de la tarde, s'appelle Rafael Rubio Lujan. Son premier combat fut sans aucun doute le plus poignant. Face à l’adversité du jour, reconnaissons que la délicatesse et l'élégance n'étaient pas de mise. Il fallait le courage brut entendu par la tauromachie pour dominer la partie. Rafaelillo a eu cette détermination implacable sans pourtant jamais prendre totalement le dessus. Mais il a fait exactement ce qu’il fallait. Ca fight, c'est violent, c'est du toreo de tranchée, c'est de la "gangsta faena". C'est pas beau. Mais qu'est-ce que c'est bon !

Ayé. On peut reprendre une respiration normale. Les dernières naturelles se sont évanouies dans le ciel d'automne. Rafaelillo et Ureña vont bien dormir ce soir. Moi aussi. Les toros braves, je ne sais pas, mais les toros qui font peur existent encore. Quant aux toreros qui les affrontent, ils existeront toujours. Les souvenirs et les regrets aussi.

Zanzibar

mardi 22 septembre 2015

Granier en Vic

Puff....
Vingt rencontres... ne font pas le printemps, on sort de là un peu dépité malgré quelques départs en fanfare de novillos qui donnaient l'illusion, qui fermaient la "gueule" et qui ont été solides. Le cinquième était le meilleur, il poussa en trois rencontres et permit à Guillermo Valencia de placer cinq séries convenables. Le sixième était bravito mais Galdos décida qu'on le "décanillerait" en quatre méchantes piques et son  subalterne obtempéra avec zèle. Les trois premiers partaient de loin, plutôt spontanément mais, dès le deuxième tiers, le manque de race prenait le dessus on se retrouvait avec rien dans la muleta, rien qui passe et qui revienne.  

Manuel Vanegas (Vénézuela) a placé un grand coup d'épée au premier et un bon estoconazo au quatrième (oreille).
Guillermo Valencia (Colombie) : une tendida et estocade au premier se satisfaisant d'une pescuecera au cinquième.
Joaquin Galdos (Pérou) : de mauvais poil, expédie d'une estocade son premier et se fait "bronquer". Il ne passera pas à la postérité en tuant son second, pinchazo et bajonazo.

Le club tautin vicois annonça en début de spectacle que la novillada de Hoyo de la Gitana présentant des signes de boiterie dans les corrales, il leur avait été substitué un lot de Alain et Gérard Granier, embarqué tard la veille et débarqué en fin de matinée.

Grand ciel bleu, un gros quart d'entrée et deux euros cinquante le tout petit gobelet de petit vin rouge dans le grand troquet en face des arènes. 

El Ubano

lundi 3 août 2015

Osbornada


Riscle - 6 novillos de Osborne pour David de Miranda, Louis Husson et Joaquin Galdos


Riscle, tout simplement

Riscle est une plaza un peu à l'écart des grands axes et, justement, ils sont bouchés en ce week-end de la bascule entre juillettistes et les aoûtiens.
Charmantes et anciennes arènes à la landaise à l'ombre d'un parc verdoyant, les Armagnacs distillent un paso sur le gazon et nous devisons en compagnie d'un verre de Lafitte-Teston moelleux proposé au comptoir de la guinguette. Tout cela est arrivé par la faute de Christian Lamoulie qui a mis en ligne une alléchante vidéo du débarquement de six Osborne.  

Des vrais novillos, pas des toros comme on a pu le lire ici et là. Mais un  lot de luxe, armé, astifino, bien roulé et aux pelages variés. Novillos admirés à leur sortie, rematant au burladero, bravitos et mobiles. Le cinquième qui se coinça quelque chose fut remplacé par un Turquay (Pablo Mayoral donc Santa Coloma mais à Saint Martin de Crau), novillo plus léger et sec, mais très solide, encasté et mobile. Le sixième s'est cassé la corne gauche au burladero de réception et le charme fut rompu.

Une novillada  qui manqua de poder quand même et  totalisa  huit rencontres banales dans un petit ruedo rectangulaire mais coquet.

Louis Husson confirme après Orthez un passage difficile à ce moment de carrière, il n'arrive pas à s'imposer au premier qui s'avise et lui colle une voltereta qui eut pu être grave. Pinchazo et 3/4 contraria, silence. Il usera d'artifices à son second, plus âpre, trois lames, deux avis, un descabello et silence. 

David de Miranda, novillero sérieux, déjà rôdé, sans lacune mais sans inspiration ni style particulier. Deux estoconazos, une oreille puis deux oreilles et grande porte.

Nous avons préféré Joaquin Galdos, muletero élégant, fluide voire fleuri, à l'aise sur les remates et les changements de main. Sérieux et sans affectation, il pèche à l'épée : mete y saca et caïdita à son premier, oreille. Puis mete y saca et bonne contraria à son second, ovation.

Le tout était placé sous la direction du président Hidalgo de Mont de Marsan sous couvert de l'entreprise de spectacles taurins de S.F. Meca. 

El Ubano

mardi 23 juin 2015

Patatras !

Novillada inutile de Aguadulce (origine Nuñez) qui devait prendre son ancienneté à Madrid mais ne présentera finalement que 2 novillos (le 1 et 3) et 4 novillos des héritiers de Jose Maria Aristrain de la Cruz (même propriétaire et même encaste) pour Luis Gerpe, Tomas Angulo et le français Lilian Ferrani qui se présentait à Las Ventas.


Les 6 novillos envoyés par la maison Aristrain furent tous calamiteux : décatis, décastés, mansos, deslucidos, sans parcours, ne baissant quasiment pas la tête, ne donnant rien au premier tiers et sans une once de transmission. Seul le 4ème, bêtement noble, a réussi à attirer un tout petit peu l'attention du maigre public qui a fait preuve d'un bienveillant mépris pour tout ce qui se passait en piste le reste du temps (mais peut-on vraiment lui en vouloir ?).

Dès sa réception, le faible premier agite frénétiquement la caboche en fin de passe et poursuivra sa séance de headbang jusqu’au moment de recevoir une entière pas trop critiquable. La muleta ferme (mais sans personnalité) de l'expérimenté Luis Gerpe ne peut pas réveiller ce novillo très rapidement aplomado. Pour ce faire, un défibrillateur eut été plus indiqué… Silence. 
Au très mal piqué et très complaisant quatrième, Luis Gerpe livre un très bon début par châtiment puis poursuit par un travail machinal en se ménageant tous les avantages. Pétition minoritaire après bajonazo et vuelta pour le jeune homme. 

Le second novillo derrote encore plus que le premier. Il n'est pas forcément beaucoup plus vicieux que son frère au départ mais développe rapidement plus de genio et, comme Tomas Angulo se place beaucoup plus mal que son compañero alors, forcément, ça commence en chiffonnade, ça continue en cafouillade et ça finit en bousculade. Silence.
Le cinquième novillo est celui qui avait le plus de présence. Quelques indices me laissent même penser qu'il y aurait peut-être eu quelque chose à en tirer... Mais pour vérifier ça, il aurait fallu qu'il soit lidié et aussi qu'il ne soit pas étouffé dès la première passe de muleta. Deux pinchazos et une entière bien envoyée. Silence (1 avis).

La date est importante pour Lilian Ferrani qui fait le paseo tête nue. Un membre sage, aimant et clairvoyant de son entourage aurait dû lui dire de ne pas venir, de travailler encore, d'apprendre d'abord... Nous étions 3 à le soutenir au début, beaucoup plus nombreux après l’impressionnante voltereta que lui fait subir l’astifino et maxi-querencioso troisième. Lilian reste en piste malgré la dérouillée et tue avec sa culotte déchirée, laissant entrevoir les contreforts de sa virilité. Ma mère et ma sœur (dont c’était également la présentation à Madrid) ont été impressionnées par le courage du jeune français et se sont longuement inquiétées des travaux de ravaudage à envisager... Silence.
Lilian revient faire état de ses carences au 6ème face auquel il est irrémédiablement perdu. (Maman ne dit rien mais je sens bien que le rafistolage au strap de la taleguilla, ça ne la satisfait pas du tout). Silence.

Cuadrillas en méforme dans l’ensemble. Présidence pas du tout au point sur la table de 2. 

Zanzibar 

NB : four ganadero vu du très confortable tendido 10.

jeudi 7 mai 2015

Evolutions

L'expectative

On ne peut y échapper, c'est devenu une manie, un gros tic, pire... un toc.
Aujourd'hui la plupart des novilleros et beaucoup  de toreros sont contaminés par un mimétisme qui s' inspire des vedettes.
Les deux premiers tercios sont sensés livrer beaucoup d'informations sur les qualités et défauts d'un taureau. Mais, bien que ces derniers, au fil des siècles, soient devenus de plus en plus prévisibles et que leurs comportements se soient lissés, le matador cultive la circonspection à ce moment particulier de l'affrontement, le début de faena. Et on assiste souvent au scénario suivant :

Première série : non loin des burladeros, on "pègue" quelques passes à distance, aidées le plus souvent, corne droite... corne gauche... Ok. Pause.

Deuxième série : la bête est fixée, on avance un peu et on se risque à quelques derechazos sur le bout du palo et en retrait. Ok, la bête est re-fixée. Pause, on va se replacer loin.

Troisième série : le matador s'est donc replacé à distance et tire-bouchonne le tissu sur l'ayuda. Il s'avance à pas comptés en balançant les hanches et en avançant le maxillaire inférieur sur le nœud de cravate avec un regard meurtrier qui glace les profanes. Il propose une série à droite. Ça passe.

Quatrième série : le matador, confiant dans les qualités du bestiau, se risque sur une série aidée à gauche. L'animal est noble. Applaudissements nourris.

Cinquième série : le matador est cette fois rassuré et vous régale d'une bonne série de naturelles avec double pecho.

A ce moment, sollicitée ou non, la présidence "lance" la musique... Frémissement dans le public... "Chouette, ça va commencer".

Sauf que c'est fini.
Et avec un Palha, un  Aguirre ou un Escolar, c'est fini depuis un bon moment. Quand les deux premiers tercios ont été longs et appliqués, un bon Cuadri n'a pas trente passes dans le ventre et, si on veut triompher, vaudrait mieux appuyer sur le champignon. 

Au lieu de cela on s'installe, on prend ses aises, on communique avec le callejon, on met de l'ordre dans les matériels, on se rafraichit, on avise, on évalue, on se débarrasse d'une banderille abandonnée, on desserre la chaquetilla, on ré-vérifie le positionnement du tissu, bref, on procrastine avec l'assurance d'un vieux maestro rondeño quand il faudrait mettre le feu, emporter le morceau, franchir les distances, se ruer sur la bravoure intacte... et soulever l'enthousiasme du conclave. Du moins si on aspire au succès.

Puis le spectacle s'étiole : le taureau baisse de rythme, ralentit, il s'avise, se réserve, s'arrête, se décompose, balance la corne, s'éloigne vers la barrière... et il va falloir penser à arrêter la musique car le matador a secoué la tête pour signifier sa déception d'être si mal servi par la loterie de la vie, s'en va chercher l'épée... déprimé tandis que votre voisin désolé voue l'éleveur  aux gémonies et incrimine le pienso, le manejo, les fundas et le réchauffement climatique.

Castaño est un spécialiste du genre mais il n'est pas isolé, loin s'en faut. Il a des prédécesseurs, des adeptes et des successeurs. L'exemple vient souvent de l'escalafon où les taureaux ne sont pas les mêmes et où les bregas sont réduites au minimum. Donc cette stratégie est pour eux payante. La musique est une petite partie du problème et vous observerez qu'au fil du temps elle perd sa fonction de remerciement et devient souvent un encouragement, ressentie même parfois comme signal d'un deuxième paragraphe dans la faena. Évolution  bien curieuse.

El Ubano

lundi 20 avril 2015

Tabac béarnais pour Pedraza

L'effroi

Ce n'est pas tous les jours fête. Il pleut même parfois. Ou bien les gens sont à la plage... Qu'importe, hier, jour de sainte Emma, à Garlin, Pedraza de Yeltes écrit encore une  page glorieuse. Petit ruedo  mais grande novillada. Les gradins sont remplis, le soleil réapparait et pas le plus petit manso à l'horizon, seulement la bravoure, la caste  et la solidité.

Dans ces arènes, en 2014, le lot nous avait paru un peu poussif. Celui de cette année va légitimement rafler des prix.
Les novillos ont rencontré dix-sept fois les chevaux (six puyazos, neuf puyas, un refilon, un contact au cheval) en poussant dans la plupart des cas. Mieux, ils ont été complets avec des nuances (noble le premier, très bon le second, presque pastueño le troisième, encasté le quatrième, un poil de genio au cinq et très sérieux le dernier). Lot de novillos gaillards et bien faits, trois colorados, deux noirs et un castaño sucio.

L'opposition s'entreprit à bien faire et à s'appliquer aux piques ; avec des résultats plus ou moins heureux :
- Jesus Enrique Colombo : correct à la cape et bien au banderilles, il a peiné le reste du temps. Il fut interminable et à la marge avec le noble premier (pinchazo et contraria) puis manqua d'esprit de décision à son second qui se décomposa d'ennui (ladeada).
- Alejandro Marcos : ne trouva pas le sitio au premier, ils furent neuf en piste au moment du changement de tercio, un peu dépassé sur les deux mains (estoconazo et descabellos) puis gravement  baladé au second qui lui infligea une rouste (pinchazo puis tendida et descabellos).
- Joaquin Galdos : triomphateur de la tarde, novillero averti, avec aguante et toreria, peu de déchets, concis, (épée de côté au premier) oreille, (puntazo au muscle en pinchant et caidita) deux oreilles et sortie en triomphe.

Salut du mayoral.

Le ruedo de Garlin est petit, les lignes au sol sont inutiles, le président oublie les avis, parfois la musique arrive bien tard, une pointe astillée, quatre arrangées... mais on sort de là avec la foi du charbonnier, le sang fouetté et l’œil brillant.

El Ubano

mercredi 10 septembre 2014

6 soberbios novillos-toros de Cebada Gago

Antonio Puerta : 2 oreilles +  2 oreilles
Fernando Rey : 1 oreille + 1 oreille
Varea : 1 oreille + 2 oreilles et la queue

Sortie a hombros de la terna, du mayoral, et du ganadero (ce dernier en équilibre très instable, comme en manière d'allégorie).
Mais, chers lecteurs, ne vous fiez pas aux résultats car, contrairement aux apparences, cette course n'a pas été faite que de gags !

Alors oui, bien sûr, il y a eu beaucoup moins de piques que de trophées et la privation de triomphes depuis deux jours a quelque peu émoussé le sens commun des aficionados présents (celui du président était altéré depuis le début de la feria).
 

Il n'empêche que la novillada a revêtu plusieurs moments de grand intérêt à commencer par la sortie en troisième position de celui qui aura été LE toro de la feria. Beau trapio, prenant deux piques en mettant les reins (provoquant un batacazo à la première), poursuivant aux planches au deuxième tiers, doté une charge fixe et offensive à la muleta, particulièrement à gauche, allant a mas malgré la faena tristement scolaire de Varea.
Le hic, c'est que ce n'est pas du tout à ce toro que le mayoral a été invité à faire la vuelta mais au suivant (un "faiblichon" de bon moral qui se laissait caresser le frontal sans rechigner).

Ce que ne dit pas non plus le score final c'est que Fernando Rey s'est joué la vie face au très compliqué 5ème qu'il fera rentrer dans la marmite d'une entière un peu delantera. Une oreille, de celles qui ne comptent pas pour du beurre. Il en avait précédemment gagné une autre de manière très honnête face à un novillo de sentido et après une entière que les maniaques de l'euphémisme appelleront "habile".

En dernier lieu, il y a eu le 6ème, sorti avec une crampe et sifflé jusqu'aux banderilles. Le novillo s'est refait de manière spectaculaire aidé en cela par la très intelligente faena de Varea. Pinchazo al recibir. Estoconazo. De là à dire que nous avons assisté à un faenon de deux oreilles et rabo, heu... je ne crois pas, non. Pour ça, il aurait fallu un combat.

Je n'ai strictement aucune idée des raisons qui ont motivé l'octroi de quatre oreilles à Antonio Puerta dont la grande valeur des deux faenas aura échappé à ma légendaire sagacité...

Présidence nuisible. 

Zanzibar

lundi 11 août 2014

Parentis : journée continue

Parentis -  © Marc Gérise


Tout avait pourtant mal commencé dès le matin avec quatre novillos du Marquis d’Albaserrada. Un rien chétifs, l’œil triste, le pied incertain, un moral chafouin et donc une prestation pénible.
Dix rencontres au cheval qui se décomposent en sept puyas et trois bricoles.
Huit chutes soit… mais huit chutes de novillos… des vraies.

Une matinée ennuyeuse et un peu triste quand on connaît la belle histoire de cet aficionado parti de France voici longtemps et qui devenu  mayoral, à force de persévérance, doit se demander quel usage il fera de ce qu’il a vu. 

Chez les novilleros :
Tulio Salguero, Daniel Crespo… des efforts certes.
Salguero : s’est beaucoup exposé à rien par extraction de passes isolées, pinchazo et estocades à ses deux bestiaux.
Crespo : quelques séquences valables à gauche à son premier et bajonazo de catégorie. Il se rattrape à son second bravito en le laissant mal piquer à trois reprises, pinchazos et pinchazos et vieux coup de lardoire.

L’embellie vint en soirée avec l’hommage vibrant au grand homme que fut Hubert Yonnet.
Pierre-Albert Blain, chroniqueur taurin radiophonique de France Bleue (si Bleue), avait mis toute sa verve et sa puissance évocatrice. Il s’en fut a mas puisque le propos se terminait en provençal ancien qu’il devrait utiliser systématiquement à l’antenne pour notre plus grande satisfaction.
Ceci dit, l’émotion et le recueillement convoqués étaient bien au rendez-vous. Les novillos arborèrent la devise noire. Mais... émotion n'est pas raison.

La course : ceux de Parentis, ceux de Camargue, de Beaucaire, les hollandais du Camping des Cigales, les cévenols et les clubs taurins du Sambuc ont aimé.
Les montois, un dacquois, les gradins populaires soleil et les fanfares ont trouvé le temps long. Soucieux d’éviter l’affect gras, le parti pris et la subjectivité jamais très éloignée de la roublardise quand il s’agit de témoigner de choses taurines, nous pouvons nous contenter d’un rapport sec :
  • Présentation modeste pour les trois premiers puis très sérieuse ensuite.
  • Dix-sept rencontres : sept puyas et une scandaleuse carioca. Le reste consiste en puyitas et refilones. Rarement mis en suerte ils ont plus souvent glissé vers la cavalerie que chargé.
  • Le premier novillo, brave, aurait voulu pousser trois fois mais manquait de pattes.
  • Le deuxième, bravito, dut être ménagé par Millan. Il termina réservé.
  • Le troisième, faible, s’arrêta vite et secoua vilainement Valencia.
  • Le quatrième, massacré aux piques, dut s’agenouiller et en conserva un ressentiment certain (sentido). Luis Gerpe coupa là une oreille après pétition minoritaire, la présidence eut sans doute pour souci de valider une interminable carioca.
  • Le cinquième a terminé soso et tardo après un tercio de varas "en bordel" en trois rencontres (sur l’épaule ou en pratiquant l’ouvre-boîte).
  • Mais le bon sixième, le plus complet, encaissa trois belles piques malgré un  "agenouillage" et sauva donc la tarde en laissant son oreille à Valencia  pour la plus grande satisfaction des "béluguophiles notoires" qui ont sentimentalement retenu le bon côté des choses.

Ils ont toute notre considération aussi ; et la rubrique "commentaires" leur est largement ouverte.

El Ubano

Pas de Maguy pour Scarface

Parentis, 9 août 2014.
Novillada de Guardiola Fantoni pour Diego Fernandez, Curro de la Casa et César Valencia.
2/3 d’arènes, temps variable, quelques gouttes sur la fin. 

Sous réserve de fonds de tiroir inédits, nous avons consommé la dernière caisse du dernier millésime de l’élevage Guardiola Fantoni : plutôt bien roulé pour un fond de cave, surtout le lot de Valencia (le 3, supérieur et le 6 curieusement berrendo) mais avec des têtes commodes (2 et 4) ou au port inélégant (1 et 5). 

Mauvais début avec le premier, quasi invalide et le 2eme, timidement bravito qui se laissait faire. Le 3ème, numéro 137, a été un très bon novillo, puissant, remplissant l’arène, prenant sa troisième pique au galop, un vrai Fan_toni Montana… Les 4, 5 et 6 ont vu leur allegria et leur mobilité dispersées dans des tercios de 3 à 4 piques sans lidia et sortant seuls. Du caractère, quelques exigences mais plutôt enclins à pardonner les erreurs et à permettre le toreo. Des Villa_marta Villalonga ? 

Guardiola Fantoni - N° 137


Fernandez est en dessous de tout.
Pinchazo tombé et bajonazo pour l’invalide 1, silence.
Pegapasse insipide et débâcle de demi et tiers de bajonazos précédant un quarté de descabellos ratés, 3 avis et sifflets nourris.
 

De la Casa est volontaire mais vraiment court.
Quelques désarmés au milieu de beaucoup de passes, entière tendida de côté, silence.

Il essaie d’exploiter la longue charge du 5 mais ne baisse pas la main, se fait accrocher le leurre d’abord, puis le corps par deux fois dans un final tremendiste sans maîtrise. Pinchazos, tendida contraire en avant et une foule de descabellos, 2 avis et pitos. 

Curro de la Casa


César Valencia a été le seul novillero du week-end qui (m’)a donné envie d’être revu.
Posé devant le bravo 3ème, quelques enganchones et le toro vire bronco. Pinchazo, estoconazo contraire bien porté. Palmas noyées sous l’ovation au toro.

Pueblerino aux banderilles (il s’était justement abstenu au 3), il se fera déshabiller en citant de loin sans rompre. De l’enthousiasme, du travail en perspective mais pas mal de promesses. Entière rinconera rageuse. 2 oreilles et ambiance de kermesse.

César valencia

 
Marc

vendredi 4 juillet 2014

Féria de Saint Paul lès Dax

 
Il s'agit donc d'une novillada (en gros) sans picadors (en petit) et provenant de l'élevage de Bañuelos.
Les matadors sont : 

El Adoureño

Ivan Gonzalez 

C'est un plaisir de faire de la publicité pour cette ganaderia qui depuis bien longtemps se limite aux "non-piqués" quel que soit l'âge des toros.

Attention, il s'agit quand même de l'évènement taurin le plus important du canton de Dax-nord du mois de juillet. Mais ici, en plus, il y a le lac et la verdure...

Ce mano a mano d'importance est organisé par la jeune peña locale : les Tanneurs. Que cela se sache de par la ville et par le monde. 

El Ubano