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mercredi 15 juillet 2015

Où sont les fans ?


Au même titre que les Dolorès Aguirre de la veille, les Fraile de dimanche matin furent décevants, malgré une jolie présentation. En effet, les toros sont globalement faibles et manquent d’impulsion.

La course, cependant, n’est pas sans aucun intérêt : quelques banderilles joliment posées, deux, trois piques correctes ainsi qu’un saut à la perche lors du 4ème toro et quelques passes auront pu faire oublier la chaleur pour un temps. 

Quant aux toreros, Sanchez Vara et Perez Mota restent corrects, mais le jeune César Valencia nous confirme qu’il ne sait pas tuer, malgré un enthousiasme à toute épreuve, sauf précisément à la mise à mort qu’il serait temps de travailler avec, si possible, sa cuadrilla. Reste qu’il prend des risques, ce qui provoque une certaine émotion lorsque ceux-ci sont concluants ; avec Valencia, le tout n’est pas de savoir s’il va prendre une corne, mais plutôt quand. J’en serais presque à lui souhaiter de ne pas se retrouver face à un toro digne de ce nom. Heureusement pour lui, ce dimanche matin, aucun risque. 

En bref, il nous fut servi pour cette seconde course des toros de vedettes, sans vedettes ; et quand bien même il y en aurait eu, je ne suis pas convaincue que ce soit pour ce genre de course que la majorité des aficionados présents alors se déplacent jusqu’à Céret.

Julie 

mardi 14 juillet 2015

Aladin, à la 2, à la 3 !

L'Adac y avait pourtant mis du sien pour bien frotter la lampe... mais le génie n'est pas sorti.

Notez que, moi aussi, j'y ai mis du mien : pendant les trois courses du week-end, j'ai gardé solidement ancrée la certitude que "ça" allait bientôt commencer. 

C'est ainsi que, le samedi soir, on s'est globalement ennuyé tout en conservant en permanence un certain intérêt pour la mansada de Dolores Aguirre. On guettait la caste, l’émotion. Mais non. La course fut au mieux brusque et compliquée, au pire terne et sans poder. "Horrible" selon la ganadera. Des premiers tiers catastrophiques (dont l’un n'aurait pas été renié par Bartabas). Des deuxièmes tiers d'inspiration cubistes (trois paires magnifiques à signaler toutefois : celles posées au 5ème par un monsieur vêtu de violet et noir, et la très périlleuse première paire posée au sixième par un monsieur habillé en bleu schtroumpf et noir). Curieusement, certains toros affichent à la mort une puissance (mais était-ce vraiment de puissance qu'il s'agissait ?) qu'ils avaient pris grand soin de  nous cacher de leur vivant.
L’énergie de Alberto Aguilar n’est pas suffisante pour soumettre le rugueux et imprévisible deuxième ni pour améliorer le cinquième. 
Le capricieux et, pour le coup, relativement intéressant troisième mène  la vie dure à Alberto Lamelas qui finira par lier une valeureuse série au toril. Peu de choses à dire du sixième.
Robleño livre deux faenas bruyantes et sans éclat dans ce silence appliqué qui est si caractéristique de Céret. 

Le dimanche matin, sous un soleil très dur, on s'est globalement intéressé mais... en s'ennuyant souvent. C'est Julie qui vous parlera bientôt des toros de Juan Luis Fraile et de Cesar Valencia. Quant à moi, mon jugement est faussé : j'attendais un lot qui soit à la hauteur de celui de Cenicientos l'an passé. Et là, force est d'observer que le compte n'y était pas... 

Le dimanche soir, on s'est ennuyé... en s'ennuyant. Piqués avec la délicatesse qu'on réserve ordinairement aux oisillons, les cinqueños dépressifs de Adolfo Martin n'auront pas pu provoquer d'autres frissons que ceux de la colère. La seconde fut celle du ganadero qui jeta rageusement son chapeau et menaça du poing la terre entière lorsqu'il vit le troisième se casser la corne en cognant aux planches. 
La première revient au (dur, très dur) public qui a honni Urdiales pour n'avoir pas donné l'impression de vouloir essayer de résoudre l'équation posée par son premier. J'étais d’autant plus péniblement affectée de cette dernière situation que c'est précisément face à ce type d'adversité que Diego peut exceller… Les efforts expiatoires mais vulgaires du maestro au cinquième ne furent pas à la hauteur de l'affront initial. 
Pour que les vieux pots fassent les bonnes soupes, il faut qu’il y ait de bons légumes. Encabo fait les choses le plus sérieusement possible devant deux insipides navets et l’ensemble n’a que peu de saveur. 
Robleño (qui, tout bien réfléchi, devrait songer à consulter un spécialiste de l’audition) a totalement négligé la main gauche à son premier et a parfaitement robleñisé à son second. Oreille donc. 

Feria courte, courses longues, soleil blessant, plaza pleine comme un œuf, tertulias très fréquentées et cercle d’amis agrandi. Je reviendrai bien sûr me perdre ici l'an prochain, voir des toros, des toreros, et deux vieux amoureux.

Zanzibar

NB : corrida vue du rang 12, côté patio de caballos.

Les courses racontées en image par Christophe Moratello (il suffit de cliquer) 

La corrida de Dolores Aguirre
La corrida de Juan Luis Fraile

mercredi 27 mai 2015

Braves mansos

Le souffle dans le dos

Caracorta nous enquiquine. On le range où Caracorta ? Quel tiroir ? Et tous ces Carafea ?... A chaque corrida de ce fer on nous sort des Carafea plus ou moins décantés, le sorteo en indique trois dont deux sobreros. 
Charger le cheval, encaisser en poussant un gros puyazo pompé, et remettre le couvert, pousser sous la carioca et s'échapper directo au toril ; salut Caracorta.
Ainsi fut la course de Dolores Aguirre... des taffes de bravoure, des bouffées de mansedumbre et des volutes de noblesse. 

Une petite vingtaine de rencontres au cheval, consistantes pour la plupart. Des taureaux qui poussent mais qui sortent seuls, qui chargent fort mais qui partent aux planches. Ils attaquent puis prennent la tangente. Opiniâtres par à-coups. Un peu de noblesse par-ci, des derrotes par-là...
Prenez le quatrième : il part trois fois au cheval avec peu de classe, se transforme en manso con casta en début de faena et file aux tablas sans prévenir. 

Course entretenue, jamais ennuyeuse. Cela supposait un public averti et des matadors consistants.

Sanchez Vara et Rafaelillo n'ont rien à se reprocher. Assurant la funcion, souvent efficaces et dominateurs, imposant une lidia dure faite de doblones par le bas, de derechazos à l'arrache, partant guerroyer en querencia quand il le fallait mais malheureusement longs à la mort.

Lamelas n'a pas démérité, nous aurions juste apprécié qu'il revienne à Vic en pleine possession de ses moyens. Son entourage a décidé pour lui des changement de tercios  et on piqua quand on voulut, comme on souhaita et autant qu'on estima. Lamelas se contentant d'agiter sa montera, la mise en scène se reproduisit à chacun des taureaux. Passés ces pénibles moments, il nous a paru dépassé et fragile au dernier alors qu'il avait pu placer une faena valeureuse à son fréquentable premier. Il tua d'un bajonazo le second et d'une entière correcte après deux pinchazos le premier.

Il y eut des moments d’héroïsme inattendus : le saut à la garrocha de Ramirez peon de Sanchez Vara. C'est déjà bien de le voir sur les vielles lithographies, c'est quand même mieux en vrai. Dans cet exercice il est impératif d'assurer le planter de bâton et le décollage. Bravo Ramirez.
Il y eut cet aficionado du tendido soleil qui enfin osa publiquement déclarer haut et fort son amour  à la jolie alguazil : "¡Alguazil te quiero!" 
"Depuis que les alguazilles  sont des filles, c'est plus facille" dit la chanson (?) ... et puis on les aime ces courses vivantes où il se passe des choses.

El Ubano

lundi 28 avril 2014

Mandoline, banjo nazi et remboursement

Après la course de 2013 qui avait vu le meilleur lot de l'année en France, et des 5 années précédentes, 2/3 d'arènes bravaient le nord-ouest soutenu chassant les nuages et dispersant le pollen de platanes pour venir voir la répétition des (héritiers de) Dolores Aguirre qui allait forcément sortir fade ou faible ou que-sais-je pour nous faire rembourser notre climax d'alors.

Et bien, pas tout à fait. Lot âgé (4 cinqueños et 2 quasi), varié de présentation (moches les 2 et 3, bonitos 1 et 4, superbes 5 et 6), les Dolores ont toujours eu quelque chose à raconter. 


Si 2 et 5 furent bravitos, allant a menos, le reste a décliné diverses illustrations du manso (que le correcteur du smartphone sur lequel j'ai pris mes notes voulait noter "mandoline") : peu de jus pour 1 et 6, plus animé avec le 3 et le 4, qui initialement boiteux, se guérissait tout seul avec un batacazo d'école.

Sanchez Vara a été très bon. Tirant le possible (à droite) du peu de charge du 1, il fera la vuelta après une épée un peu basse. Le 4 permet beaucoup, il lui servira tout son répertoire, de la puerta gayola au molinete en passant par de notables naturelles. Belle estocade, un peu atravesada et 1 oreille fêtée.

Joselillo a tiré le meilleur lot, mais les charges limpides pesaient trop pour lui.
Belle épée tendida, descabellos et applaudissements.
Pinchazos, contraire atravesada et silence.

Marco Leal s'est fait déborder par le mobile 3 et le 6 manquait de jus après un tercio engagé mais trop long de banderilles et des piques encore plus dans le dos que pour les autres. Faillite préoccupante avec l'épée avec les 2 (d'où les "banjos nazis" proposés en remplacement de bajonazos).
Silence et pitos.

Marc