Notez
que, moi aussi, j'y ai mis du mien : pendant les trois courses du week-end,
j'ai gardé solidement ancrée la certitude que "ça" allait bientôt
commencer.
C'est
ainsi que, le samedi soir, on s'est globalement ennuyé tout en conservant en
permanence un certain intérêt pour la mansada
de Dolores Aguirre. On guettait la caste, l’émotion. Mais non. La course fut au
mieux brusque et compliquée, au pire terne et sans poder. "Horrible" selon la ganadera. Des premiers tiers catastrophiques (dont l’un n'aurait
pas été renié par Bartabas). Des deuxièmes tiers d'inspiration cubistes (trois
paires magnifiques à signaler toutefois : celles posées au 5ème
par un monsieur vêtu de violet et noir, et la très périlleuse première paire
posée au sixième par un monsieur habillé en bleu schtroumpf et noir). Curieusement,
certains toros affichent à la mort une puissance (mais était-ce vraiment de
puissance qu'il s'agissait ?) qu'ils avaient pris grand soin de nous
cacher de leur vivant.
L’énergie de Alberto Aguilar n’est pas suffisante pour soumettre le rugueux et
imprévisible deuxième ni pour améliorer le cinquième.
Le capricieux et, pour le coup, relativement intéressant troisième mène
la vie dure à Alberto Lamelas qui finira par lier une valeureuse série au toril. Peu de choses à dire du sixième.
Robleño livre deux faenas bruyantes
et sans éclat dans ce silence appliqué qui est si caractéristique de Céret.
Le dimanche
matin, sous un soleil très dur, on s'est globalement intéressé mais...
en s'ennuyant souvent. C'est Julie qui vous parlera bientôt des toros de Juan Luis
Fraile et de Cesar Valencia. Quant à moi, mon jugement est faussé : j'attendais
un lot qui soit à la hauteur de celui de Cenicientos l'an passé. Et là, force
est d'observer que le compte n'y était pas...
Le dimanche soir, on s'est
ennuyé... en s'ennuyant. Piqués avec la délicatesse qu'on réserve ordinairement
aux oisillons, les cinqueños
dépressifs de Adolfo Martin n'auront pas pu provoquer d'autres frissons que ceux
de la colère. La seconde fut celle du ganadero
qui jeta rageusement son chapeau et menaça du poing la terre entière lorsqu'il
vit le troisième se casser la corne en cognant aux planches.
La première revient au (dur, très dur) public
qui a honni Urdiales pour n'avoir pas donné l'impression de vouloir essayer de
résoudre l'équation posée par son premier. J'étais d’autant plus péniblement
affectée de cette dernière situation que c'est précisément face à ce type
d'adversité que Diego peut exceller… Les efforts expiatoires mais vulgaires du maestro au cinquième ne furent pas à la
hauteur de l'affront initial.
Pour que les vieux pots fassent les
bonnes soupes, il faut qu’il y ait de bons légumes. Encabo fait les choses le
plus sérieusement possible devant deux insipides navets et l’ensemble n’a que peu de saveur.
Robleño (qui, tout bien réfléchi, devrait songer à consulter
un spécialiste de l’audition) a totalement négligé la main gauche à son premier
et a parfaitement robleñisé à son second. Oreille donc.
Feria courte, courses longues, soleil blessant, plaza pleine comme un œuf, tertulias très fréquentées et cercle d’amis
agrandi. Je
reviendrai bien sûr me perdre ici l'an prochain, voir des toros, des
toreros, et deux vieux amoureux.
Zanzibar
NB : corrida vue du rang 12, côté patio de caballos.
NB : corrida vue du rang 12, côté patio de caballos.
Les courses racontées en image par Christophe Moratello (il suffit de cliquer)
La corrida de Dolores Aguirre
La corrida de Juan Luis Fraile








