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vendredi 12 septembre 2014

Empresa Ordoñez


Photo © "Tehel"

 
C'était plein à Ronda samedi dernier pour la Goyesca. 
A l'ombre, les messieurs en blazer de lin se congratulaient et les dames affichaient toilettes distinguées et sourires carnassiers.
Et pour le cas où l'on ne saurait pas, sur un petit mouchoir satiné distribué larga manu à l'entrée des tendidos  figurait, outre le programme : Con este panuelo pida la oreja.
Une supplique ? Un ordre ? Une indication pour les touristes ? (dans ce cas, il aurait fallu l'écrire en anglais).

De fait, les oreilles tombèrent comme à Gravelotte pour des prestations affligeantes : des toros de Zalduendo d'une faiblesse sans nom, bouche ouverte dès le deuxième tiers après des micro-piques même pas "ouvre-boitées". En faena, ils ne chargeaient plus mais progressaient par petits bonds sous une avalanche de toques, version taurine du dead cat bounce !
Ironiquement, c'est celui qui fut le moins récompensé (Perera) qui fut à l'origine du seul moment d'un petit peu d'émotion : à la fin de son premier, une série de manoletinas espacées et très exposées, laissant longuement le toro respirer, imposant une rupture de rythme judicieuse, créant attente et tension, puis déclenchant la charge d'un seul mouvement de tête, con aguante. Le tout rehaussé d'un chorus de trompette pianissimo que le maestro (celui de la musique) réglait suivant les passes. Du bel effet, mais ce fut tout pour l'après-midi.

Et avec un touchant ensemble, à chaque toro, les blazers de lin et les sourires carnassiers agitaient leurs petits mouchoirs satinés, systématiquement et frénétiquement. Un peu comme autrefois à Barcelone quand un bon tiers des gradins était occupé par des touristes japonais qui pensaient qu'agiter le mouchoir faisait partie d'un rite obligé à la charge du spectateur. Ils sont disciplinés les japonais, alors ils agitaient, ils agitaient... Et aujourd'hui, ils ne peuvent plus.

A Ronda, ça n'est pas par discipline qu'ils se fatiguent les poignets, mais par une espèce d'auto-persuasion enivrée que tout chez eux est fantastique ; une plaza historique, une goyesca à sa 58ème édition, des figuras... Tout est merveilleux.

L'autre coup de force fut de fournir dès le dimanche (toujours aussi généreusement, à l'entrée des tendidos) une revue sur papier glacé d'une dizaine de pages avec photos et commentaires (dithyrambiques) de la course de la veille... et bien sûr un autre pañuelo. Les rotatives ont dû tourner toute la nuit. Ils font les choses bien à Ronda. 

Tehel

mercredi 19 mars 2014

Fallas - Part 2

Six vieux Zalduendo très peu fonctionnels, tous plus ou moins sifflés à l'arrastre, pour un mano a mano parfaitement casse-pied et dénué de competencia.
Castella et Perera se sont bien mis à genoux une ou deux fois pour éviter au public de mourir d'ennui mais ils n'ont réussi à tromper personne.

Je pourrais, au nom d'un douteux chauvinisme, défendre une ou deux séquences de Castella sur la gauche à son premier. Effectivement, je pourrais défendre ça. A condition que ce soit très mollement. Par la suite, il n'y eut rien de plus remarquable que le peu d'affectation avec laquelle il a reçu ses deux autres invalides adversaires.

Perera a laissé entendre à la sortie de la course que les toros n'avaient pas du tout été pratiques pour triompher et qu'íl en était très contrarié. Je profite de cette tribune pour lui dire que moi aussi, je suis sortie très contrariée de cette course.

Quant au sobresaliente Victor Manuel Blazquez, il doit également en avoir gros sur la patate, lui à qui nul n'a pensé pour lui laisser faire le moindre quite.

Zanzibar