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lundi 24 août 2015

Juanito de Badajoz

En toute simplicité

Retour à Rion des Landes, bourgade forestière et paisible. On retrouve le même décor coquet, les mêmes rescapés de la temporada et de la saison touristique. A quelques jours de la reprise du boulot et de la rentrée des classes, il y a ce rendez-vous sur les planches.
Six novillos de Valdefresno, mobiles, arreglados et de bonnes proportions, plus gaillard le dernier, mansotes les 1 et 3, manso sévère le 5, bravitos les 2 et 4 et brave le sixième.

Adrien Salenc est sorti par la très grande porte au milieu d'une foule immense puis conduit jusqu'à la buvette. On le sent mûr pour passer en "piquée", à l'aise dans tous les compartiments du "jeu", le garçon est enthousiaste, technique, et possédant une condition physique impeccable. Efficace à la cape, gonflé aux banderilles et dominateur à la muleta.  Estocade et oreille à son premier puis grosse épée contraire au second, deux oreilles.

Ivan Gonzalez recherche le temple et le moelleux dans un trasteo complet, on sent bien que le garçon a bossé et qu'il veut affirmer un style. Et ça fonctionne assez.  Pinchazo et caïdita d'effet immédiat, il coupe une oreille au premier bravito et entendra  un avis au manso cinquième qui s'enracinera aux planches avec la détermination du chiendent. Il y faudra 4 pinchazos et une entière.

Juan Da Silva dit " Juanito", retenez ce nom qui pourrait illuminer vos vieux jours gâteux. Il a 16 ans, il est issu de l'école taurine de Badajoz et possède beaucoup de classe. Entendez sobre, élégant, naturel. Son premier gazapon permet d'enchaîner des séries verticales, par le bas et sur les deux mains. Il finit en querencia mais le gamin trouve la solution et l'expédie d'un pinchazo et 3/4 de lame. Une oreille.
Le dernier est plus sérieux en plus d'être brave, le faenon qui suivit, entrecoupé de deux cogidas devait se conclure sur un estoconazo. Hélas la chose fut précédée de cinq pinchazos. Vuelta méritée et affaire à suivre.

Grand soleil, deux tiers d'entrée, présidence exacte, service de piste discipliné, alguazils vénérables et sévères, anti-taurins "policés", vigiles affectueux et harmonie municipale raffinée.

El Ubano

mercredi 11 mars 2015

7 ans


Ce jeudi 30 septembre 1931, les calasparreños se réjouissaient : c’était la première fois qu’ils assisteraient à du rejon dans leur placita. En s’installant sur les gradins, ils ne savaient pas que ce serait aussi la première (et unique) fois qu’un torero professionnel payerait de sa vie son passage par Calasparra. 
Selon les archives de la Commission Taurine, le cartel de cette novillada « mixte » était : 2 novillos de Garcia Zeballos pour le rejoneador Alfonso Reyes, et 4 novillos de Ildefonso Gomez pour Miguel Olza Zunzarren « Vaquerin » et Rafael Moreno. L’ABC quant à lui parle de novillos de Garcia Zaballos. 

Vaquerin - © http://despobladosnavarra.blogspot.fr
La presse de l’époque a parlé d’une novillada « accidentée »… Il est vrai que le troisième novillo du jour était un manso qui avait sauté les planches et semé la panique dans les tendidos. L’infortuné « Vaquerin » s’est fait prendre au moment d’entrer a matar. La blessure faisait 4 centimètres de large pour 10 de profondeur et l’hémorragie était importante. Pronostique grave.

Après lui avoir administré les premiers soins, le docteur Angel Cuadrado fait transporter Vaquerin à la gare de Calasparra pour que ce dernier soit transporté à Madrid par le train postal de nuit. C’est le docteur Segovia qui prend en charge le blessé à son arrivée au Sanatorio del Montepio de Toreros. Après l’opération, le bon toubib pense que la guérison va nécessiter une vingtaine de jours mais, ne détectant aucune des améliorations prévues le lendemain, il réopère Vaquerin et découvre une gangrène gazeuse. 

Le novillero s’éteint à 7 heures du soir, le dimanche 1er août 1931. 

Vaquerin était un vaillant qui faisait preuve de plus d’enthousiasme que de style. Autrement dit, tout le monde le respectait mais personne ne lui prédisait un grand avenir. Il avait 21 ans. 

Le « novillo » quant à lui avait 7 ans. La novillada était non piquée.  

NB1 : aujourd’hui à Calasparra, il y a une Calle del Doctor Fleming 

NB2 : après cette tarde tragique, quelques revisteros ont dénoncé les excès du système (et la pente savonneuse, sadique et carnassière, sur laquelle glissait l’aficion) en priant le Gouverneur de Province de faire respecter le règlement, à savoir : ne pas faire lidier, en non piquée, des toros de 7 ou 8 ans, le plus souvent préalablement toréés… 

Zanzibar

mercredi 25 février 2015

La part des choses

Magescq

Un aficionado, « Montenegro », visiteur discret de ce blog, s'émeut récemment à propos du compte-rendu de la novillada non piquée de Magescq de ce que votre serviteur, « ancien membre de l'Anda » (donc circonstance très aggravante), soit favorable à l'octroi d'un ou plusieurs tours de piste d'une dépouille à cette sorte de spectacle où je soulignais l'agressivité et la solidité de deux exemplaires de l'élevage de Joselito. 

Tout, ou presque, se plaidant en tauromachie selon que l'on se place en spectateur d'une corrida idéale (et qui existe en théorie) ou d'une corrida faite de réalités et d'impondérables bons ou mauvais, essayons de plaider.

Il est de tradition et règlementaire que la vuelta soit accordée à un animal particulièrement brave dans toutes les phases du combat :

Article 83
S'il y a pétition majoritaire du public, le Président pourra ordonner au moyen du mouchoir bleu, le tour de piste de la dépouille de l'animal qui l'aurait mérité par sa bravoure exceptionnelle au cours du combat.
Le ganadero ou le mayoral pourront saluer ou faire un tour de piste si la majorité du public le réclame.

Article 87
Le déroulement des novilladas sans picador sera soumis très exactement aux mêmes règles que les corridas de toros à l’exception des dispositions des articles 72-1, 73, 74, 75 et 76 (relatives au bon déroulement du premier tercio et qui ne concernent pas la non piquée). 

Dans le règlement, rien ne permet d'exclure la vuelta à la dépouille d'un novillo en non piquée.

Mais Don Montenegro m'objectera que la bravoure se mesure à la pique et je répondrai qu'elle se mesure aussi et d'abord à la pique, mais pas que…
Si les tientas n'excluent pas la muleta, il y a une raison. Sauf que la principale particularité de la novillada non piquée réside dans l'absence de piques et que le règlement n'a pas prévu de mouchoir à carreau pour ce cas particulier mais laisse au président l'utilisation du mouchoir bleu.

Pourquoi un novillo ne serait pas honoré d'une vuelta qui le distinguerait des mauvais novillos si le public le souhaite, si le président l'accorde et si la ou les bestioles en question se sont montrées agressives et solides comme à Magescq ?
En quoi cela dénature la notion de bravoure, la tradition, l'histoire, le rite, l'avenir de l'élevage ?
Et pourquoi ne pas voir cette possibilité comme un « plus » ?
S'il existe des critères immuables en tout lieu (épée, carioca, enterreurs...) je suis convaincu que mon interlocuteur distingue la valeur d'une oreille coupée à Orthez d'une autre coupée à Eauze ou encore la vuelta d'un toro de cinq ans à Madrid avec celle d'un novillo piqué à Aire/Adour.

Alors pourquoi s'interdire de faire la part des choses-là aussi ?

Mario Tisné

vendredi 10 octobre 2014

Otoño V - Finale du "Camino hacia Las Ventas"

Dimanche dernier se déroulait à Madrid la troisième édition de la finale du certamen des novilladas sans picador "Camino hacia Las Ventas".

La course de cette année a été un peu décevante à cause des 5 erales de Jandilla et 1 de Vegahermosa qui ont manqué de piquant et de transmission.

Jaime Rodríguez, de l'école taurine de Moralzarzal (1 oreille + salut au centre en se rendant à l'infirmerie avec une blessure de 2 trajectoires de 15 cm à la cuisse) - Courageux, quelques gestes isolés au noble premier, beaucoup plus incertain au quatrième -

Alejandro Gardel, élève de la Fondation El Juli (salut après 2 avis + salut) - Manifestement aux anges d'être arrivé là, très malchanceux au sorteo, débordant de solidarité et de camaraderie pour ses compañeros respectivement blessé et vainqueur, à revoir -

José Aguilera, de  l'école taurine de Colmenar Viejo (1 oreille + salut après 1 avis) - Déclaré vainqueur du concours, grand, pas des masses de personnalité mais soigne la gestuelle, belle épée à son premier, particulièrement chanceux au sorteo -

Jaime Rodríguez


Jaime Rodríguez


Jaime Rodríguez


José Aguilera & Alejandro Gardel


Alejandro Gardel


Alejandro Gardel


Alejandro Gardel



José Aguilera


José Aguilera


José Aguilera



Zanzibar

mardi 15 juillet 2014

Comique

Grosse farce

Novillada non piquée - Bañuelos - St Paul lès Dax - Indulto...

Bañuelos - Novillada non piquée - Indulto - St Paul lès Dax...

St Paul lès Dax - Indulto - Bañuelos - Novillada non piquée...

Indulto - St Paul lès Dax - Novillada non piquée - Bañuelos...

Vous pouvez essayer dans tous les sens... ça reste une pitrerie.


El Ubano