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lundi 27 octobre 2014

Picasso, l’inventaire d’une vie


« Picasso, l’inventaire d’une vie », c’est un documentaire épatant réalisé par Hugues Nancy et qui est passé ce dimanche sur Arte.

Le processus créatif de Picasso y est analysé de belle manière au fil des amours tourmentées du maître, des guerres, et des quelques 120 000 œuvres qui ont été retrouvées à sa mort.
C’est aussi l’occasion de découvrir ses premiers crayonnages taurins alors qu’il n’était qu’un bambin ou encore ce qui semble être d'étonnantes et magnifiques scènes de corrida faites de papier découpé (le réalisateur ne s'attarde malheureusement pas suffisamment longtemps sur le sujet), et de redécouvrir son premier picador réalisé à l’âge de 9 ans, ainsi que, par exemple, les lithographies des onze états du taureau réalisées fin 1945.

Ceci dit, la tauromachie n’est pas du tout le thème central de ce documentaire mais, forcément, elle rôde du début à la fin du film. Et le plus surprenant je crois, c'est cette caméra fouineuse qui entre dans l'intimité d'un homme qu'on connait si bien sans le connaître vraiment et qui se pose sur des objets qui ne nous appartiennent pas mais qui paraissent tellement familiers, à l'instar de cette tête de taureau en osier, ou de ce bandana de feria qui traîne négligemment sur la commode... 

Zanzibar 

NB : il est possible de revoir le documentaire pendant quelques temps sur Arte+7.

mardi 25 février 2014

El Torero de los Andes à Villanueva del Arzobispo



El Torero de los Andes, c'est David Gil. Il est espagnol mais torée surtout au Pérou. Extrait du site officiel du torero : 
“David Gil Ochoa es un torero de la localidad de Linares (Jaén) el 4 de Diciembre del 1972 fue el día en que nació. Un Torero de los pies a la cabeza, Coraje, Mando, Poder, Temple, Empaque, Oficio, Afición, Seguridad, Perfección, Arte…etc, es lo que reúne este matador de toros para el interés de poder conocerlo, y ante todo, persona honesta, leal y modesto ante todo. ”

En 2011, Ignasi Rodríguez Batlle lui a consacré un documentaire de 56 minutes intitulé “El Torero de los Andes”. Extrait du site officiel du documentaire : 
“David Gil lleva años toreando, pero en España la suerte se le resiste y el éxito no llega. En cambio, en Perú ha encontrado el reconocimiento y recorre el país cosechando éxitos. David es un ídolo allí pero en su andadura no hay glamour : viaja en autobús, se hospeda en pensiones… y no se hace rico.”

Pour ceux qui ne lisent pas l'espagnol entre les lignes, il faut savoir que David Gil est un très mauvais torero. Et pas humble pour deux sous. Assez imbuvable même.
Et pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, il faut vous procurer le documentaire de Rodriguez Batlle.

Les partis pris scénaristiques sont parfois discutables mais on ne peut pas faire autrement que de se laisser emporter par le charme de cette parenthèse péruvienne. Chaque image déborde de pittoresque, même pour notre œil occidental revenu de partout. Et pour notre aficion canonique, chaque témoignage nous inspire un sourire goguenard et compatissant. Car l’aficion péruvienne est chose sérieuse. Au moins autant que chez nous. Sauf que là-bas, les toros ne sont pas pareils.

  
Les scènes tournées autour et dans les ruedos (où, soit dit en passant,  il ne fait pas bon être dans le callejon - quand il y en a bien sûr) sont absolument surréalistes et criantes d’authenticité. Joyeuses, grotesques, poignantes, affligeantes  et hilarantes à la fois. Les trajets aussi sont terribles. Longs, très longs. Et dangereux. Sans doute les toreros y risquent-ils autant leur vie que dans les arènes de village.

Là-bas, dans ces placitas de village, David Gil torée. Le plus pathétique, ce sont ses succès. Non pas tant quand, vêtu du maillot n°7 d’un autre David, il reçoit ses groupies dans une chambre spartiate et vétuste. Non. C’est surtout triste quand on se rend compte que les enfants n’ont que lui pour  héros. Ils ne connaissent ni Morante ni le Fundi. Ils veulent ressembler à David Gil. L’un d’eux esquisse une passe pour montrer que lui aussi, quand il sera grand, il sera torero. Il pense que les toros « c'est souffrir et gagner de l'argent ». David Gil ne lui dit pas que dans cette variable à deux inconnues, l’une d'entre elle est tout de même beaucoup plus connue que l’autre.

Il y a des films qui doivent se regarder deux fois. La première fois, on se moque, la deuxième fois, on est bouleversé. El Torero de los Andes est de ceux-là. Au second visionnage, l’atmosphère est toujours aussi folklorique mais David Gil devient presque attachant malgré tous ses défauts.

Villanueva del Arzobispo, à “...algo”, on ne sait pas trop où c'est. En revanche, on a appris que David Gil s'y présentera le 19 avril prochain face à un toro de Salvador Guardiola et un autre de Ramon Sorando lors d’une corrida concours dont les bénéfices seront reversés aux Hermandades de la localité. ¡ Suerte !

Zanzibar