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samedi 23 août 2014

Cenicientos 5 - Hommage à Hubert Yonnet


A dix heures samedi dernier, à 75 kilomètres de Madrid, un homme entre deux âges est venu scotcher un papier sur la porte des arènes. Hommage serait rendu à Hubert Yonnet juste après l'apartado des Escolar Gil, voilà ce que disait le mot.
Je ne crois pas que grand-monde ait vu cette affichette pourtant l'information était passée, à voix basse, comme s'il s'agissait d'un précieux secret et finalement, nous nous vîmes cinquante en arrivant au tendido 3...
Cinquante c'est pas beaucoup, mais c'est très important.
Parmi tous ces gens, il y avait des vieux, des enfants, quelques français, un prêtre, et le Fundi évoquant le grand ganadero autant que l’empresa qui lui a fait signer son premier contrat de matador en France.
A midi samedi dernier, Cenicientos a rendu un hommage simple, discret, et très touchant à Monsieur Hubert Yonnet.

Zanzibar


Cet hommage de Cenicientos à Hubert Yonnet est significatif de la relation qu’entretenait le pelo de la Bélugue avec l’aficion.

Quelle relation a pu motiver cet hommage dans ce coin perdu de la communauté madrilène alors que l’éleveur ne s’y est affiché qu’une fois ?

Il faut pour cela remonter 10-15 ans en arrière. L’arène était encore portative. Des français, renseignés par des copains de l’association "El Toro de Madrid", débarquent à Cenicientos dans cette "capitale" de la Vallée de la Terreur. D’autres suivront, les remplaceront et petit à petit des relations vont se nouer avec les aficionados de Cenicientos. Imaginez, des français qui se déplacent dans ce coin perdu de l’Espagne profonde pour voir leurs corridas annuelles ! Una locura !

Ces mêmes français qui chaque année passaient les Pyrénées pour se rendre dans ce village de la Sierra Madrilène se rendaient aussi à la Bélugue. Leurs visites en Camargue n’avaient pas seulement pour but de voir les vaches, admirer le campo ou photographier les toros de l’année. La relation avec Hubert et Françoise était réelle et réciproque.

La quadrature s’est ainsi formée liant les aficionados de Madrid aux aficionados de France qui se sont liés aux aficionados de Cenicientos pour enfin connaître les Yonnet.
Voilà la magie de l’aficion dont les Yonnet ont profité sans jamais rien solliciter, simplement en donnant de leur temps, de leurs gentillesses et en parlant la « langue du toro ».

A un degré moindre, la venue des Yonnet cette année à Parentis va un peu dans le même sens même si le fer du Y en France est une petite institution. 

"Los de Cenitientos", comme Hubert et Françoise se plaisaient à nommer les français présents ce jour-là en Espagne, sont toujours là et continueront à se retrouver, peut-être à la Bélugue… ou ailleurs. 

Laurent Giner

lundi 18 août 2014

Cenicientos 1 - Just do it !


73 ans d'alternative à eux trois

El Fundi : 27 ans d’alternative
Jesulin de Ubrique : 24 ans d’alternative
Oscar Higares : 22 ans d’alternative
Soit…73 ans d’alternative à eux trois !

Ces trois-là avaient-ils tellement besoin de prendre une place réservée de plein droit à un novillero ?
Le Fundi passait justement le week-end chez beau-papa alors c’était pratique ?
Jesulin trouvait qu’il ne toréait pas suffisamment cette année ?
Oscar Higares avait une dette envers l’organisateur ?

Quels que soient les motifs de leur venue respective, et si louables soient-ils (on ne sait jamais), comment ces messieurs peuvent-ils ignorer l’accord collectif signé il y a moins de 6 mois qui dispose qu’un novillero doit obligatoirement figurer au cartel de tout festival présentant plus de deux actuantes ?

Ça fait mal au cœur de voir le Fundi embarqué dans cette mesquine affaire mais il n'est ni si admirable, ni encore si vieux, qu'il ne puisse craindre d'encourir parfois quelques reproches (à partager généreusement avec ses compañeros du jour et l'organisateur qui a lui-même été novillero).
Aucun torero, surtout quand il est directeur d’une école taurine, surtout quand il porte les valeurs d’un grand chef de lidia, ne devrait impunément mépriser les jeunes (et moins jeunes) novilleros sans s’attirer la désapprobation de quelques aficionados. Ceux-là mêmes qui le tiennent en grande estime, et précisément parce qu'ils le tiennent en grande estime.

NB : à la sortie du festival, l'organisateur m'a expliqué que j'avais mal lu l'article 24 de la convention et que, de toutes façons, il ne s'agissait que d'un festival. Deux jours plus tard, le Fundi m'expliquait qu'on lui avait justifié l'absence de novillero au cartel eu égard à la présence de 5 élèves d'école taurine pour la becerrada qui était organisée le dimanche. Il n'avait pas l'air trop fier de sa réponse.

Zanzibar