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lundi 14 septembre 2015

Toros y Salsa (la fin)

Les 6 toros de Montalvo, bonitos, pas féroces et pas piqués, sont sortis mobiles, candides et d'une noblesse que je suppose tout à fait satisfaisante pour l’emploi qui leur était réservé.

Tous les piqueros n'ayant pas piqué, c’est-à-dire 5 d'entre eux si mon calcul est exact, ont été applaudis. Le 6ème n'a pas piqué non plus me direz-vous, mais comme il n'a pas fait exprès, ça ne compte pas. Les palmas récompensent le mérite, pas le hasard. Deux chevaux en piste. 5 banderilleros ont salué.

Juan Mora a le changement de main lascif et l'épée de mort à bout de bras dès la première passe. J'imagine que c'est ça que je voulais voir sinon, pourquoi aurais-je eu le cœur serré quand il est sorti sous les sifflets après, il est vrai, deux faenas que, malgré (ou à cause de) ma grande inclination pour l’homme, je qualifierais d’énigmatiques... Il n'était sans doute pas raisonnable de croire que le maestro allait nous éclabousser de sa toreria et nous fouetter l'aficion à en garder des cicatrices pendant tout l’hiver mais quand même, on était en droit d’attendre un peu plus de fermeté dans la lidia.

L'hypothèse tauromachique de Manzanares n'a pas ma faveur. Je suis parfaitement insensible à son toreo répulsif qui éloigne, fort élégamment il est vrai, à chaque passe un peu plus, la bête de l'homme. Mon sens aigu des convenances m'oblige à taire ici ce que je pensais du travail du monsieur face à son premier auxiliaire jusqu’à ce qu’il prenne l’épée. Ce fut bref, beau, et fulgurant. Mais ce fut peu comparé à l'estoconazo porté recibiendo au 5ème. Quatre oreilles pour JMM. La présidence et moi n’avons manifestement pas vécu la même aventure, mais la deuxième épée fut vraiment très très très belle.Tuer un toro… Ce si banal exploit est redevenu émouvant.
Manzanares est décidément un gommeux mais, ventre-saint-gris ! quel putain de matador ! 

Perera réussit, avec un certain brio, il faut le reconnaitre, à rendre sa deuxième faena aussi rasoir que la première. Chapeau ! 

Zanzibar

jeudi 14 août 2014

Dax, 2ème corrida de la feria

6  Domingo Hernandez d'allure ......, de corne ...... et de gabarit ...... pour Morante, Jose Maria Manzanares et Juan Leal

Frozen ...... (cocktail préféré de Monsieur Ernest Hemingway)
  • 2 mesures de ......
  • 1 mesure de ......
  • 1 mesure de jus de ......
  • Glace 
Mélanger dans un...... et servir très...... dans un ..... 

Le lot de toros, bien dans le type, donnèrent un jeu ...... malgré une certaine ...... 

Morante de la Villageoise attaque son 1er par des …… à la cape avant de …… A l'entrée de la cavalerie, on pense que …… mais non. Le 2ème tiers sera plus …… mais ce constat était avant le tiers de muleta. Et oui, à ce moment-là on se dit que …… et cela se vérifie. Quelle ……, quelle …… à gauche comme à droite. Aux aciers, le natif de …… fut …… voire …… Sortie sous les ……
A son 2ème, Morante fut plus …… et même …… Cependant, mon voisin n'était pas d'accord. La corrida n'est pas une science …

Manzanares fit du Manzanares : …… et …… à la cape. ……, …… puis …… à la muleta pour finir …… à l'épée. Du Manzanares dans le texte, on vous l'avait bien dit !

Le petit Léal quant à lui était là pour …… Il y réussit même si …… Le public resta partagé entre …… et …… étonnant pour cette place réputée …… Malgré cela, il fut l'auteur du geste de l'après-midi : après le …… il se fit …… et dut …… ! A ce moment-là, la clameur se fit entendre jusqu'à …… !

Les trophées : ……, ……, ……, ……, …… et ……

Tous les toros ont été …… à l'arrastre.

A noter : pas simple le paseo à 11h15. Les vapeurs du jour n'ayant pas encore fait disparaitre celles de la veille, notre alguazil  ne quitte pas son acolyte d'un centimètre. On ne peut pas faire confiance à un cheval.

El Nuevo

vendredi 30 mai 2014

San Isidro - Grande supercherie de El Pilar

A d'autres !

Cartel de la collection printemps-été 2014.
6 lamentables rebuts de El Pilar atteints de crétinisme catatonique (allant du freluquet au grassouillet, un peu moins offensifs que les méduses de Biscarosse) pour Castella, Manzanares et Talavante.  

Les cuadrillas pourtant aguerries des 3 piétons ont fait pitié pendant 2 heures mais pas autant que les titubants toros qui se sont pris un nombre effrayant de coups de capote inutiles et quantité de piques plus baroques les unes que les autres. 

Sauf à considérer le sorteo qui lui a attribué un adversaire invalide et un autre souffreteux, Castella est celui qui s'en sort le moins mal. Il s'applique à toréer à mi-hauteur son second, lui épargnant ainsi trop de chutes malencontreuses. Je suppose que c'est ce qu'il pouvait faire de mieux avec ce type d'engin. Au premier, manso de catégorie, il profite brièvement du moral de la bête (qui vient un tout petit peu compenser son infirmité) mais prolongera le supplice bien trop longtemps avant que la faena ne finisse en bouillie (en même temps, essayer de péguer 80 passes supplémentaires à un toro que les peones avaient préalablement eu du mal à relever en le tirant par la queue, c'était pas très astucieux). Le franç
ais prend quelques libertés avec l'orthodoxie au moment de mettre l'épée. Bajonazo retiré dans la foulée suivi d'une entière trasera.

Manzanares écope d'abord d'un adversaire mou du genou, inconsistant, très distrait et parfaitement décasté, qu'il laisse bloquer une éternité aux planches par le cheval que le toro a attaqué au sortir du toril sans que personne s'en préoccupe. Le toro fuyant rend le deuxième tiers très laborieux et la faena, impressionnante de vacuité, relève de la plaisanterie pour se terminer à l'écurie. Au 5, qui sera le seul à bousculer un peu le cheval mais sans classe, j'ai la confirmation de ce qui aurait pu passer pour une déduction hâtive si je l'avais dit plus tôt : Manzanares est un poseur doublé d'un paresseux. Il est au toreo ce que le nain de jardin est à la statuaire grecque. Ni plus, ni moins.

Talavante torée en premier lieu un avorton à l'équilibre précaire. Rien à dire sauf que l'homme fait preuve de lucidité en allant chercher l'épée très rapidement. Talavante a eu beau réceptionner le 6ème en gagnant du terrain, brinder au public et retourner sa montera du bon côté, lier quelques passes avec une grande économie de mouvement, et avoir de nouveau la clairvoyance de ne pas faire trop durer son vacillant adversaire, il a heureusement merdouillé à l'épée. C'est une veine car sinon, nous aurions dû manger une oreille au goût bien amer.

Entre la déficience de présentation et l'impotence des toros, entre les lidias rachitiques et les faenas atrophiées de toute profondeur, le public voit son aficion tellement amaigrie que c'est à peine s'il lui reste un peu de peur au creux du ventre quand le toro est en piste.
Hier soir à Las Ventas, ce n'était pas de la tauromachie, c'était de la tiers-tauromachie.
C'est sûr qu'à force, on finira prêt à avaler n'importe quoi, pourvu que ça nourrisse un peu nos souvenirs... 

Zanzibar

samedi 22 mars 2014

Fallas - The ultimate

On ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenu. Ça avait été très officiellement  annoncé : la dernière corrida des Fallas était une corrida « monstre ». Et la palme du plus monstrueux revient de droit (malgré une concurrence relativement farouche) à Ganador, chèque en bois n° 97 de Garcigrande, handicapé moteur et déficient de la caste, lidié par le Juli en septième position. 

Finito et les Pétroleurs font le paseo

Auparavant, le Scélérat avait désoreillé son premier adversaire, manso vaguement picotazé, suite à une faena giratoire de son cru (puissante, mécanique, sans âme) et une épée pas comme dans les livres (bien que moins pire que la veille). C’est vraiment dommage que je ne l’aime pas sinon, j’aurais à coup sûr passé un excellent moment. 

Morante n’a été ni bon ni mauvais. C’est juste qu’il n’a pas eu d’opposants à affronter. Rien à lidier. Rien à toréer. Le premier est faible et sans charge. Tous les messieurs poussent des cris de sanglier en rut (je veux dire que c’est rauque et plein d’amour) dès que le Nabab attrape son capote. C’est beau à entendre mais assez risible.  Beaucoup plus justifié en revanche lors de la riposte au quite du Juli à son deuxième toro qui traine la patte autant que la langue. C’est balot car Morante est plutôt bien intentionné.

Ganador, n°97 de Garcigrande

Il faut savoir revendiquer ses héros. Le mien aujourd’hui, c’est Finito. Timide et irrésolu face au premier manso perdido qui marche en crabe, l’Outsider finit par envoyer après le deuxième avis une épée a media vuelta qui, pour la coup, parait totalement justifiée. Si certains toreros m’inspirent une aversion déraisonnable, il faut reconnaitre que j’ai en faveur de Finito de Cordoba le même énergique préjugé qui me le fait aimer avant même de l’avoir vu. Je ne sais pas d’où ça vient étant donné que je n’ai que fort peu (et jamais en bien) entendu parler de ce monsieur. Ceci dit, et évidemment en toute objectivité, face à son second adversaire (qui avait un peu gigoté dans le peto et s’avéra assez faible), il a été parfait. Parfait avec beaucoup de pico, parfait avec une distance parfois impertinente, mais parfait quand même. Sachant s’adapter au toro et sans sacrifier à la mode circulaire, Finito a proposé un truc différent. Tout s’est bien goupillé, le toro savait embister, le torero savait toréer, et ni l’un ni l’autre n’a cherché à compliquer les choses. Une vraie oreille, bien méritée. 

Le piquero de Manzanares s’empresse de donner un furieux coup de main à son patron pour détruire Le-The-Toro des 4 dernières courses de la feria. Taponcito n’en a cure, il pousse jusqu’au batacazo et y retourne avec autant de moral (mais moins de moyens, forcément). A partir de là et jusqu’au 8ème toro, le Traître (qui ne mérite pas d’avoir Curro Javier dans sa cuadrilla) nous chante sa petite chanson. C’est profond comme une œuvre de jeunesse de Vincent Delerm. Les Fallas 2014 se terminent sur une rime pauvre et un accord mineur.

NB : faut pas croire ce que disent les journaux, le costume de Morante était très beau.

Zanzibar