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mardi 22 septembre 2015

Granier en Vic

Puff....
Vingt rencontres... ne font pas le printemps, on sort de là un peu dépité malgré quelques départs en fanfare de novillos qui donnaient l'illusion, qui fermaient la "gueule" et qui ont été solides. Le cinquième était le meilleur, il poussa en trois rencontres et permit à Guillermo Valencia de placer cinq séries convenables. Le sixième était bravito mais Galdos décida qu'on le "décanillerait" en quatre méchantes piques et son  subalterne obtempéra avec zèle. Les trois premiers partaient de loin, plutôt spontanément mais, dès le deuxième tiers, le manque de race prenait le dessus on se retrouvait avec rien dans la muleta, rien qui passe et qui revienne.  

Manuel Vanegas (Vénézuela) a placé un grand coup d'épée au premier et un bon estoconazo au quatrième (oreille).
Guillermo Valencia (Colombie) : une tendida et estocade au premier se satisfaisant d'une pescuecera au cinquième.
Joaquin Galdos (Pérou) : de mauvais poil, expédie d'une estocade son premier et se fait "bronquer". Il ne passera pas à la postérité en tuant son second, pinchazo et bajonazo.

Le club tautin vicois annonça en début de spectacle que la novillada de Hoyo de la Gitana présentant des signes de boiterie dans les corrales, il leur avait été substitué un lot de Alain et Gérard Granier, embarqué tard la veille et débarqué en fin de matinée.

Grand ciel bleu, un gros quart d'entrée et deux euros cinquante le tout petit gobelet de petit vin rouge dans le grand troquet en face des arènes. 

El Ubano

lundi 3 août 2015

Osbornada


Riscle - 6 novillos de Osborne pour David de Miranda, Louis Husson et Joaquin Galdos


Riscle, tout simplement

Riscle est une plaza un peu à l'écart des grands axes et, justement, ils sont bouchés en ce week-end de la bascule entre juillettistes et les aoûtiens.
Charmantes et anciennes arènes à la landaise à l'ombre d'un parc verdoyant, les Armagnacs distillent un paso sur le gazon et nous devisons en compagnie d'un verre de Lafitte-Teston moelleux proposé au comptoir de la guinguette. Tout cela est arrivé par la faute de Christian Lamoulie qui a mis en ligne une alléchante vidéo du débarquement de six Osborne.  

Des vrais novillos, pas des toros comme on a pu le lire ici et là. Mais un  lot de luxe, armé, astifino, bien roulé et aux pelages variés. Novillos admirés à leur sortie, rematant au burladero, bravitos et mobiles. Le cinquième qui se coinça quelque chose fut remplacé par un Turquay (Pablo Mayoral donc Santa Coloma mais à Saint Martin de Crau), novillo plus léger et sec, mais très solide, encasté et mobile. Le sixième s'est cassé la corne gauche au burladero de réception et le charme fut rompu.

Une novillada  qui manqua de poder quand même et  totalisa  huit rencontres banales dans un petit ruedo rectangulaire mais coquet.

Louis Husson confirme après Orthez un passage difficile à ce moment de carrière, il n'arrive pas à s'imposer au premier qui s'avise et lui colle une voltereta qui eut pu être grave. Pinchazo et 3/4 contraria, silence. Il usera d'artifices à son second, plus âpre, trois lames, deux avis, un descabello et silence. 

David de Miranda, novillero sérieux, déjà rôdé, sans lacune mais sans inspiration ni style particulier. Deux estoconazos, une oreille puis deux oreilles et grande porte.

Nous avons préféré Joaquin Galdos, muletero élégant, fluide voire fleuri, à l'aise sur les remates et les changements de main. Sérieux et sans affectation, il pèche à l'épée : mete y saca et caïdita à son premier, oreille. Puis mete y saca et bonne contraria à son second, ovation.

Le tout était placé sous la direction du président Hidalgo de Mont de Marsan sous couvert de l'entreprise de spectacles taurins de S.F. Meca. 

El Ubano

lundi 20 avril 2015

Tabac béarnais pour Pedraza

L'effroi

Ce n'est pas tous les jours fête. Il pleut même parfois. Ou bien les gens sont à la plage... Qu'importe, hier, jour de sainte Emma, à Garlin, Pedraza de Yeltes écrit encore une  page glorieuse. Petit ruedo  mais grande novillada. Les gradins sont remplis, le soleil réapparait et pas le plus petit manso à l'horizon, seulement la bravoure, la caste  et la solidité.

Dans ces arènes, en 2014, le lot nous avait paru un peu poussif. Celui de cette année va légitimement rafler des prix.
Les novillos ont rencontré dix-sept fois les chevaux (six puyazos, neuf puyas, un refilon, un contact au cheval) en poussant dans la plupart des cas. Mieux, ils ont été complets avec des nuances (noble le premier, très bon le second, presque pastueño le troisième, encasté le quatrième, un poil de genio au cinq et très sérieux le dernier). Lot de novillos gaillards et bien faits, trois colorados, deux noirs et un castaño sucio.

L'opposition s'entreprit à bien faire et à s'appliquer aux piques ; avec des résultats plus ou moins heureux :
- Jesus Enrique Colombo : correct à la cape et bien au banderilles, il a peiné le reste du temps. Il fut interminable et à la marge avec le noble premier (pinchazo et contraria) puis manqua d'esprit de décision à son second qui se décomposa d'ennui (ladeada).
- Alejandro Marcos : ne trouva pas le sitio au premier, ils furent neuf en piste au moment du changement de tercio, un peu dépassé sur les deux mains (estoconazo et descabellos) puis gravement  baladé au second qui lui infligea une rouste (pinchazo puis tendida et descabellos).
- Joaquin Galdos : triomphateur de la tarde, novillero averti, avec aguante et toreria, peu de déchets, concis, (épée de côté au premier) oreille, (puntazo au muscle en pinchant et caidita) deux oreilles et sortie en triomphe.

Salut du mayoral.

Le ruedo de Garlin est petit, les lignes au sol sont inutiles, le président oublie les avis, parfois la musique arrive bien tard, une pointe astillée, quatre arrangées... mais on sort de là avec la foi du charbonnier, le sang fouetté et l’œil brillant.

El Ubano