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lundi 11 août 2014

Pas de Maguy pour Scarface

Parentis, 9 août 2014.
Novillada de Guardiola Fantoni pour Diego Fernandez, Curro de la Casa et César Valencia.
2/3 d’arènes, temps variable, quelques gouttes sur la fin. 

Sous réserve de fonds de tiroir inédits, nous avons consommé la dernière caisse du dernier millésime de l’élevage Guardiola Fantoni : plutôt bien roulé pour un fond de cave, surtout le lot de Valencia (le 3, supérieur et le 6 curieusement berrendo) mais avec des têtes commodes (2 et 4) ou au port inélégant (1 et 5). 

Mauvais début avec le premier, quasi invalide et le 2eme, timidement bravito qui se laissait faire. Le 3ème, numéro 137, a été un très bon novillo, puissant, remplissant l’arène, prenant sa troisième pique au galop, un vrai Fan_toni Montana… Les 4, 5 et 6 ont vu leur allegria et leur mobilité dispersées dans des tercios de 3 à 4 piques sans lidia et sortant seuls. Du caractère, quelques exigences mais plutôt enclins à pardonner les erreurs et à permettre le toreo. Des Villa_marta Villalonga ? 

Guardiola Fantoni - N° 137


Fernandez est en dessous de tout.
Pinchazo tombé et bajonazo pour l’invalide 1, silence.
Pegapasse insipide et débâcle de demi et tiers de bajonazos précédant un quarté de descabellos ratés, 3 avis et sifflets nourris.
 

De la Casa est volontaire mais vraiment court.
Quelques désarmés au milieu de beaucoup de passes, entière tendida de côté, silence.

Il essaie d’exploiter la longue charge du 5 mais ne baisse pas la main, se fait accrocher le leurre d’abord, puis le corps par deux fois dans un final tremendiste sans maîtrise. Pinchazos, tendida contraire en avant et une foule de descabellos, 2 avis et pitos. 

Curro de la Casa


César Valencia a été le seul novillero du week-end qui (m’)a donné envie d’être revu.
Posé devant le bravo 3ème, quelques enganchones et le toro vire bronco. Pinchazo, estoconazo contraire bien porté. Palmas noyées sous l’ovation au toro.

Pueblerino aux banderilles (il s’était justement abstenu au 3), il se fera déshabiller en citant de loin sans rompre. De l’enthousiasme, du travail en perspective mais pas mal de promesses. Entière rinconera rageuse. 2 oreilles et ambiance de kermesse.

César valencia

 
Marc

vendredi 6 juin 2014

San Isidro - Puerta Grande sur grand plateau

Mardi 3 juin 2014. Adolfo Martin pour Antonio Ferrera, Diego Urdiales et Miguel Perera.

Nos emplois du temps respectifs, et des critères de choix de bétail quelque peu opposés, ont fait que Miguel Perera et moi nous ne nous étions jamais vus. C’est désormais chose faite, même si je ne suis pas catégorique sur le fait qu’il m’ait aperçu au moment de sortir des arènes à dos d’homme en passant à deux mètres de mon smartphone.
Tout ça pour dire que j’ai donc découvert sur le tard ce torero et, s’il m’a rappelé un grand bonhomme, ce n’est pas Dominguin, Ortega ou Espartaco mais Fabian Cancellara. La même puissance, une domination sans partage et une tendance à choisir ses courses.

Pour une fois, Perera venait participer à une "Classique" après moultes kermesses, critériums et contres-la-montre balisés. Mais les Adolfo du moment ne consistent pas vraiment en un Paris-Roubaix ou un Tour des Flandres, un Grand Prix E3 tout au plus.
Plutôt pas mal présentés, mieux que certaines années passées malgré une relative hétérogénéité (498 à 590 kg, 3 cinqueños et 3 cuatreños), les Adolfo sont sortis seuls de la deuxième rencontre (1,3 et même le 6 après avoir désarçonné le piquero) ou ont démontré leur manque de poder (4 et 5). Seul le 2 a été bravito mais ce fut aussi le plus faible. Faiblesse quasi générale enlevant beaucoup d’intérêt à leur charge parfois piquante malgré tout.

Antonio, récent rescapé d’un accident de la route qui le fit défiler tête nue (des points restants ?), est resté superficiel à son premier. Pinchazo, rinconera et silence. Poderoso aux banderilles avec le 4, il sera tout aussi marginal avec la muleta, Pinchazos, rinconera et silence à nouveau.

Diego Urdiales a souffert de la faiblesse de ses opposants. Rien à tirer du 2, deux tiers de bajonazo et silence. Il tirera quelques pépites sur la gauche du 5 mais s’entêtera à droite avec fadeur. Pinchazo, 1 avis, re-pinchazo, une demie et des descabellos entrainant des pitos.

Perera a donc étalé sa facilité, supérieur à gauche avec le 3, quelques enganchones à droite ne lui offriront qu’un salut après sa belle estocada. Le 6 commence par étaler sa faiblesse mais après l’épisode de « Paf ! Le Piquero », il exprimera une belle dose de piquant au troisième tiers. Perera conjugue le verbe "mandar" à tous les modes, main basse, facile. Une sublime série à gauche est suivie d’un final un peu accroché. L’estoconazo libère naturellement une oreille, la deuxième me parait abusive mais autorise une deuxième Puerta Grande dans une même San Isidro. Besoin de buzz ou bien ?

Même si la course a été globalement décevante, elle m’a donné envie de revoir Perera/Cancellara avec les toros réservés habituellement aux grimpeurs/puncheurs. Cela risque de ne pas arriver avant que Fabian Cancellara ne prenne le départ de Liège-Bastogne-Liège.

Marc

jeudi 5 juin 2014

San Isidro - Corrida de Cuadri

Celestino Cuadri pour Javier Castaño, Ivan Garcia et José-Carlos Venegas (confirmation). 

Comme le dirait l’immense Homer Simpson : « Le problème des chips légères c’est qu’il faut boire deux fois plus de bière ». Et les Cuadri allégés en caste de cette édition 2014 n’ont pas été accompagnés d’assez de degrés de toreria pour que nous ayons, à défaut d’une course de toros, une bonne course de toreros. 

Lot bien roulé dans le type maison, un peu juste pour Madrid les 2 premiers (?), globalement mansote, douchant à la deuxième rencontre les maigres espoirs parfois suscités à la première (notamment un batacazo dû au piquero sur monture trop droguée au 6). Si les 3, 4 et surtout 5 avaient peu à donner, 1 et 2 permettaient faena et le 6 s’est allumé en se jetant sur la muleta comme Homer sur la dernière Duff dans le frigo. 

Javier Castaño est devenu le subalterne de sa propre cuadrilla (Fernando Sanchez, a gusto, et David Adalid ont salué deux fois), marginal et fade. Rinconera et silence. Tendida trasera, descabello et silence. 

Ivan Garcia a toréé 2 fois en 2013, faut-il que personne d’autre ne souhaite ‘prendre’ les Cuadri pour le programmer ? Déficient avec l’épée, 1 avis avec le 3, silence aux deux. 

José-Carlos Venegas brouillon avec son toro de confirmation (« Ribete » n°31 pour les statisticiens), se laisse mener aux planches. Pinchazo, belle entière et salut après 1 avis.
Le bouillonnant 6ème charge donc comme un missile sol-sol et Venegas essaye de faire front. 
Ses demi-passes slicées à gauche éprouvent la clarté de la charge jusqu’à une effrayante cogida, dont on le relève sans blessure. Demie, série de descabellos et 1 avis.

Ouf ! Cañas para todos ?

Marc

lundi 28 avril 2014

Mandoline, banjo nazi et remboursement

Après la course de 2013 qui avait vu le meilleur lot de l'année en France, et des 5 années précédentes, 2/3 d'arènes bravaient le nord-ouest soutenu chassant les nuages et dispersant le pollen de platanes pour venir voir la répétition des (héritiers de) Dolores Aguirre qui allait forcément sortir fade ou faible ou que-sais-je pour nous faire rembourser notre climax d'alors.

Et bien, pas tout à fait. Lot âgé (4 cinqueños et 2 quasi), varié de présentation (moches les 2 et 3, bonitos 1 et 4, superbes 5 et 6), les Dolores ont toujours eu quelque chose à raconter. 


Si 2 et 5 furent bravitos, allant a menos, le reste a décliné diverses illustrations du manso (que le correcteur du smartphone sur lequel j'ai pris mes notes voulait noter "mandoline") : peu de jus pour 1 et 6, plus animé avec le 3 et le 4, qui initialement boiteux, se guérissait tout seul avec un batacazo d'école.

Sanchez Vara a été très bon. Tirant le possible (à droite) du peu de charge du 1, il fera la vuelta après une épée un peu basse. Le 4 permet beaucoup, il lui servira tout son répertoire, de la puerta gayola au molinete en passant par de notables naturelles. Belle estocade, un peu atravesada et 1 oreille fêtée.

Joselillo a tiré le meilleur lot, mais les charges limpides pesaient trop pour lui.
Belle épée tendida, descabellos et applaudissements.
Pinchazos, contraire atravesada et silence.

Marco Leal s'est fait déborder par le mobile 3 et le 6 manquait de jus après un tercio engagé mais trop long de banderilles et des piques encore plus dans le dos que pour les autres. Faillite préoccupante avec l'épée avec les 2 (d'où les "banjos nazis" proposés en remplacement de bajonazos).
Silence et pitos.

Marc