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mercredi 12 août 2015

Parentis 2015 - La deuxième

4 novillos de Los Maños pour Guillermo Valencia et Louis Husson


Dimanche 9 août - 11h

Alors là, oui ! On en redemande. Et tant mieux pour le tout petit tiers d’arène présent, pour l’ADA, et, allons-y, pour la temporada. Un novillero qui, en trois séries de naturelles et quelques kilos de vaillance, remet certaines choses en place et 4 novillos 4 morts bouche close (plus un, presque inédit, mais prometteur) et dont la semence, sans être uniformément exceptionnelle, valait plus que celle de tous les barbapapas indultés en ces temps.

Supérieur le premier, par sa présence en piste, sa caste, son poder. Très vif de charge, il se retourne presto, choisit où, quand et comment. Part vite à la première pique, pousse d’une corne, sort seul. Se grandit encore à la deuxième, poussant fort sous un fer lourd et correctement placé. Sort seul. Il met encore les reins, plus brièvement, à la troisième, trasera. Comme plusieurs de ses compagnons du matin (le 2 et le 4), il néglige le porteur de cape qui le cite pour se fixer sur le banderillero lointain et le sortir du ruedo en une course pour le moins convaincante. Pirri posera malgré ce une bonne paire. Peu disposé à prêter le ruedo, ce novillo garde la tête vive et attentive à tout mouvement. Charge forte, parfois raccourcie, vite sur le retour, dans la muleta de Valencia qui s’arrime, alternant les moments croisés et les passes du pico. Difficile de tirer la charge et de tenir l’animal dans les trastos. Peut-être eût-il été bon de lui donner plus de distance. Très près, Valencia se fait salement attraper et semble prendre un plat de corne en pleine tête. Tuméfié, il revient pour une entière delantera efficace. Mélange de pétition (oreille ou/et vuelta au novillo) : mouchoir blanc et grande ovation à l’arrastre.

Le troisième charge queue à l’horizontale, mais se claque, déboite ou fracture en piste. Changé par un magnifique playero splendidement armé (n°21), mis en sobrero car « hors-type » (faisons l’éloge des lots hétérogènes…). Lequel s’annonce toro de sentido d’entrée de jeu. Tendance parado, il se désintéresse de la pique (mis en suerte bien trop loin pour une première) puis finit par aller au tampon et envoie à terre la monture. Pousse fort à la deuxième puis en remet un coup plus bref à l’ultime. Diminué mais gardant toute sa caste teintée de mansedumbre (comportement passionnant, faut-il encore le relever ?), il oblige Valencia à se croiser pour démarrer ses charges, ce que le novillero met à profit dans trois bonnes séries de naturelles, posées et dominatrices. Cela suffisait. Mal conseillé depuis le callejon et mal encouragé par la musique, Valencia rempile… et se prend une pile. Deux pavillons vite sortis après entière fort efficace. Mérités, exagérés : je ne sais pas. Il a montré plus en deux sorties que tout ce que nous avons vu du week-end, et semblait deux tons au dessus de sa propre prestation de l’an passé : puisse-t-il surtout tirer de ces combats édifiants plusieurs enseignements sur la lidia, et non la seule rançon du succès. La dépouille du novillo : très applaudie.

Les deux combattus par Louis Husson furent également ovationnés à l’arrastre.
Le deuxième de la matinée s’approprie la piste, fait multiplier les capotazos à une cuadrilla dépassée, coupe les courses, et sort par deux fois le banderillero du ruedo.
La présidence change le tiers sans attendre que quatre palos ne soient posés. Mauvaises piques pompées et foultitude de muletazos inutiles n’empêchent pas la bête de garder tête haute. Husson montre une sobre application que l’on ne lui avait pas vue à Orthez et débute bien, fixant au centre, mais recule et s’éloigne bien vite du novillo, lequel a l’appétit suffisant pour manger son immense muleta. Mauvaises épées, très bonne puntilla. Salut au tiers. Le dernier novillo, toujours bien fait, accuse d’entrée une légère faiblesse de pattes. Mansedumbre plus marquée au cheval dont le pilote pilonne sans ménagement ni précision. Husson, volontaire, semble pourtant toucher rapidement ses limites actuelles, notamment sur le placement. La charge est pourtant devenue franche, mais la muleta est accrochée, hormis sur une série de derechazos sérieux qui ne pèsent pas pour autant sur le novillo. Affaibli, perdant beaucoup de sang, il n’est pas dominé par un long enchainement de passes. Trop longue faena et mise à mort laborieuse vaudront un avis.

Julito

lundi 3 août 2015

Osbornada


Riscle - 6 novillos de Osborne pour David de Miranda, Louis Husson et Joaquin Galdos


Riscle, tout simplement

Riscle est une plaza un peu à l'écart des grands axes et, justement, ils sont bouchés en ce week-end de la bascule entre juillettistes et les aoûtiens.
Charmantes et anciennes arènes à la landaise à l'ombre d'un parc verdoyant, les Armagnacs distillent un paso sur le gazon et nous devisons en compagnie d'un verre de Lafitte-Teston moelleux proposé au comptoir de la guinguette. Tout cela est arrivé par la faute de Christian Lamoulie qui a mis en ligne une alléchante vidéo du débarquement de six Osborne.  

Des vrais novillos, pas des toros comme on a pu le lire ici et là. Mais un  lot de luxe, armé, astifino, bien roulé et aux pelages variés. Novillos admirés à leur sortie, rematant au burladero, bravitos et mobiles. Le cinquième qui se coinça quelque chose fut remplacé par un Turquay (Pablo Mayoral donc Santa Coloma mais à Saint Martin de Crau), novillo plus léger et sec, mais très solide, encasté et mobile. Le sixième s'est cassé la corne gauche au burladero de réception et le charme fut rompu.

Une novillada  qui manqua de poder quand même et  totalisa  huit rencontres banales dans un petit ruedo rectangulaire mais coquet.

Louis Husson confirme après Orthez un passage difficile à ce moment de carrière, il n'arrive pas à s'imposer au premier qui s'avise et lui colle une voltereta qui eut pu être grave. Pinchazo et 3/4 contraria, silence. Il usera d'artifices à son second, plus âpre, trois lames, deux avis, un descabello et silence. 

David de Miranda, novillero sérieux, déjà rôdé, sans lacune mais sans inspiration ni style particulier. Deux estoconazos, une oreille puis deux oreilles et grande porte.

Nous avons préféré Joaquin Galdos, muletero élégant, fluide voire fleuri, à l'aise sur les remates et les changements de main. Sérieux et sans affectation, il pèche à l'épée : mete y saca et caïdita à son premier, oreille. Puis mete y saca et bonne contraria à son second, ovation.

Le tout était placé sous la direction du président Hidalgo de Mont de Marsan sous couvert de l'entreprise de spectacles taurins de S.F. Meca. 

El Ubano

lundi 27 juillet 2015

Orthez en baisse

Orthez - Novillada de Valdellan pour Tomas Angulo et Louis Husson

 

Onze heures dix

Pour ce paseo encore, les gens exacts ont attendus dix minutes  ceux qui trainent. Mieux, on organise leur retard.

Quatre novillos pour Tomas Angulo et Louis Husson. Le triomphateur de la matinée est sans doute le public qui reste familial, charmant et lucide malgré les lanternes qu'on voudrait lui faire avaler.
Quatre novillos rencontrant dix fois les chevaux sans réel poder, sans grande bravoure, sans mansedumbre. Pas des couleuvres non plus, ni des vessies, mais des "novillos bravitos", mobiles sans grand défaut ni grande qualité. Du bétail possible que bien des apprentis rêveraient d' affronter sur les bords du Tietar ou du Guadiana.

Tomas Angulo, ce matin-là, hésitait entre la démotivation et la méforme. Il nous a paru dépassé et fatigué. Plusieurs fois désarmé, se cachant dans le cou, mou et piétiné. Bronzé comme un rameur d'Oxford, il n'avait rien d'un affamé et il rama. Tel un galérien à demi noyé devant Buenas Tardes qui avait du piquant et un bon fond brave... au fond. Angulo a d'abord cherché à séduire.
Son second, Molinillo, avait le défaut de retenir sa charge une fois embarqué dans la muleta. Mais en tant que "novillo bravito" revendiqué, il a permis quelques moments furtifs de qualité.
Des passes, des attitudes, des bons moments, 2/3 de lame au premier et 3/4 au second, silence affectueux, silence sympathique.

Louis Husson, venu en voisin courtois et affable, possède l'art de la conversation. Lui aussi a tendance à mettre le joli avant le nécessaire. Il voulut prendre la mesure de son premier en restant sur la périphérie au cours de deux séries. Intéressant sur une séquence gauchère, il profita de la relative noblesse de ce vilain novillo. Une lame caida. Silence.
On remit le couvert au dernier : des attitudes, du pico, un trasteo léger, varié, agréable et final en "caguade" avec une muleta au sol, une fuite, un pinchazo, une contraria.

Entre alors en scène Yannick Boutet, casaque rouge et poil blanc, arrastrero ce jour ou alguazil demain, spécialiste du temps qui passe. On attend donc les mules qui se font désirer, le palco s'impatiente, gesticule, la cuadrilla glande, Husson espère l'oreille, nous subissons dignement la farce, les premières mouches se présentent. L'oreille ne tombe décidément pas. Les fouets claquent, les mules craquent et emportent enfin Montañes.

Manolo de los Reyes (Emmanuel des Rois) a  raflé un prix de la Peña Sol pour son aguante et sa planta aux banderilles, on aurait pu associer son compagnon de turno qui était à la hauteur.
Idem pour le premier piquero de la matinée qui méritait largement une récompense qu'il n'obtint pas alors qu'il s'obligeait à citer sur l'épaule et à effacer la monture lors de trois rencontres pleine d'honnêteté.
Le public répond encore présent cette année pour une présentation du bétail nettement à la baisse sur l'ensemble de la journée. On finirait par s'inquiéter. Voilà pour le Klein d'œil.

El Ubano

dimanche 3 mai 2015

Aire au temps de Titi

Élément d'architecture aturine

Une fois que l'on adhère au concept de la novillada-concours et donc aux exemplaires de trois ans susceptibles de représenter l'élevage d'où ils sont issus... tout est plus simple. Il reste aussi à se familiariser avec le rapport de forces trop inégal entre la cuadra de chevaux et des novillos pas bien gaillards... et avec un peu de volonté, de militantisme et d’empathie, on  s'efforce de souscrire, malgré la météo maussade, à un spectacle aléatoire.

Ceci fait, on vit un Escolar laid, faible, mais noble se lancer dans la danse que lui propose Borja Alvarez bien peu opportuniste.  Deux piques sans conviction ni style, des passes sans consistance  ni conviction puis deux avis, quatre pinchazos, un estoconazo.

Il y eut ensuite le novillo triomphateur, un certain Torrealta de chez Valdellán, numéro18, qui attaqua le cheval en quatre rencontres poussées et partant de loin (deux puyas, un picotazo trasero et un refilon), animal brave et noble avec lequel Louis Husson privilégia l'esthétique au  profond et resta en dessous des réelles qualités du tio. Estoconazo contraire, une oreille populaire et un mouchoir bleu important.

Il y eut aussi un Flor de Jara, moche, N° 50, qui se réserva après deux bonnes piques, devint tardo et flagada. Andrès Roca Rey se montra là capable mais long.

Il y eut un quatrième, Quirurgico ! de Raso de Portillo, le mieux présenté de la soirée, s'employant avec caste sur trois bonnes puyas et rechargeant pour un refilon.  Juan Agudo dit Titi, picador de son état,  exerce alors son talent avec beaucoup de classe et remporte le prix.  Mais zut et crotte, l'eau de boudin prenant le pas sur l'eau de vie, la race du Raso ne permit pas d'encaisser un troisième tiers, il se décomposa et Borjà Alvarez se dilua.

Et il y eut le cinquième, un Pablo Mayoral quittant l'ombre de l'Escorial pour s'illustrer dignement en trois rencontres honnêtes. Louis Husson s'investit dans une faena copieuse, encouragé par la musique présidentielle à allonger un discours muleteril déjà trop long... Estoconazo.

Puis il y eut un sixième, un Sanchez Arjona limité de force et de caractère, deux puyas. Andrés Roca Rey déroula un toreo sérieux et élégant à la cape d'abord et sur les deux mains ensuite. Le palco envoya la musique à la huitième série... l'essentiel était passé. Deux oreilles après une estocade en place et une faena  solide et qui donne envie de le revoir dans de meilleures conditions.

Il n'y eut pas de septième mais l'on se reposa quand même.

El Ubano

mercredi 10 septembre 2014

6 grandiosos novillos-toros de Jose Luis Osborne

Falta uno !" "Falta uno !"
Celui qui manquait, c'était le numéro 14. Un colorado qui a fait le show pendant 21 minutes lors de l'encierro matinal. Il sort en troisième position et nous crève les yeux de sa présence en piste mais... c'est juste une illusion. A peine une sensation.

Comme le cinquième du reste, de magnifique présentation... mais dont le châssis tolère à peine la carrosserie.
Le pire lot de la feria à égalité avec les Los Chospes.
Le seul instant "d'intérêt" de la course est venu de la mort spectaculaire du 4ème qui a tardé à tomber de manière définitive (les 18 minutes étaient largement passées quand le deuxième avis a enfin sonné après que le novillo ait envoyé 2 peones au tapis).
Inutile de faire un récit détaillé de ce genre de course.  Un bête bilan comptable suffira.

Fran Gomez : une oreille (sur pétition minoritaire et après un bajonazo) et silence après 2 avis.

Miguel Angel Leon : silence (après une faena affreuse faite dans la tourmente au seul novillo qui semblait avoir quelque chose dans le ventre) et silence (après une faena affreuse, pourtant pas contrariée par le vent cette fois-ci).

Louis Husson : salut au tiers (après une faena hésitante et une épée contraire en sautant) et salut au tiers (après s’être de nouveau fait trimballer par un manso qui mettait la tête assez sottement et une très belle épée).

Ceux qui ont vraiment illuminé ma journée : Maria (87 ans, qui a vu toréer Manolete et chez qui on mange le riz et le fromage des gens qui ont connu la faim) et Alfonso (12 ans, l'aficion chevillée au corps, et voisin de gradin épatant).

Zanzibar