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lundi 14 septembre 2015

Toros y Salsa (le début)

Les 6 épais toros de Cuadri sont sortis monolithiques et patauds, sans race, sans moteur, ni puissance, ni force, ni sauvagerie, ni rien de ce qu'on attendait d'eux, sauf peut-être l'exigeant 3ème que le sort a malicieusement attribué à Alberto Lamelas.

Pas un tiers de pique qui mérite qu’on s’y arrête (un seul cheval en piste) et un nombre considérable de passages aux banderilles pour, au final, compter deux ou trois banderilles très clairsemées sur le dos de certains bichos. 

Robleño aura fait un usage plus que parcimonieux de la main gauche tout au long de la tarde. Ne se donnant pas la peine de tuer le premier (2 pinchazos allègrement suivis d'un descbello), il hésite avant de trouver le rythme poussif du vaguement noble 4ème (5 ou 6 pinchazos avant une entière localisée à peine un peu au-dessus de la cuisse). 

Castaño est très fatigué. Sa cuadrilla itou... Un pinchazo avant une entière caida et tendida en lâchant tout puis un vilain mete y saca dans le cou suivi d’un pinchazo et d’une entière. 

Lamelas s'occupe trop du public et pas assez de son ombrageux 1er opposant. Après deux ou trois intéressantes tandas, le rythme de la faena change... sans que ce soit dans le sens de l'amélioration. L'ensemble résulte interminable. Vuelta. On observe le dernier, faible, aplomado, avec incrédulité... Lamelas le tue comme son premier, pas du premier coup, et en passant par le chemin des écoliers. 

Des fantômes de Cuadri à la caste altérée, d'une inappétence pour le combat préoccupante, des matadors qui négligent la mise à mort, des bonnes cuadrillas qui se laissent aller... La corrida se meurt un peu plus. Je sais que « les courses de taureaux sont dans une mauvaise période et en déclin depuis une centaine d'années » mais, samedi soir à Dax, on a vu son cadavre commencer à se décomposer.

Zanzibar 

mercredi 19 août 2015

Pedraza de memoria

Dimanche 16 août 15h30. Je file vers Dax. Au passage, je m’arrête à Saugnac-et-Cambran, pour prendre le journal local du dimanche afin de lire le compte-rendu de la course de la veille. J’entre dans la station essence-presse et… surprise… Je n’en reviens pas !
En gros titre, à la une, je peux lire « Le triomphe du toro de combat » … « La grandiose corrida de Pedraza de Yeltes, hier soir, a vu le triomphe des picadors et de la cuadra d’Alain Bonijol  lors du premier tercio. ». A ce texte, est associée une photo de Gabin Rehabi en posture acrobatique sur le dos d’un toro. Je sais que ma mémoire commence à être défaillante mais  je n’avais pas de souvenir d’une part aussi importante dédiée à ce premier tiers à la une de ce journal. D’autant plus que le matin même, Pepe Moral et le Juli, lors d’une corrida triomphale avaient coupé chacun trois oreilles et étaient sortis par la grande porte. Exit les deux toreros pour laisser la place à un toro et un picador ! Pour une corrida dacquoise… je croyais rêver !!!

Vite, j’ouvre le canard et ma surprise redouble quand je m’aperçois que le revistero vedette n’a écrit que quatre lignes un quart sur les toreros (Il nous reste à vous dire que Javier Castano n’y est plus, que Perez Mota fut submergé et que seul Juan del Alamo fit crânement et joliment face) alors que trois colonnes composent la reseña de la course faisant la part belle au toro, aux tercios de piques, aux piqueros, à la cuadra de caballos, à la ganaderia.
Le sourire me monte aux lèvres et, en regagnant ma voiture, je me mets à rêver d’autres courses futures où les toros feront la une des journaux à la place des toreros.
 
Mais vous allez me dire : et la course dans tout cela ?
 
Un lot de toros, variant de 520kg pour le premier efflanqué à 590kg pour le 5 pour une moyenne de 560kg sur la romaine, du lourd, du costaud, bien armé, applaudis plus ou moins à leur entrée en piste excepté le tambour major, ils furent tous ovationnés lors de l’arrastre avec une mention spéciale pour les 3 et 6 honorés d’une vuelta posthume fortement fêtée.
J’ai noté 20 rencontres au cheval avec principalement de vraies puyas mais aussi par-ci par-là quelques picotazos ou des loupés mais, globalement, le bétail s’est montré brave à un degré moindre le 5 plus mansote bien qu’ayant renversé le groupe équestre. Tous les piqueros ont essayé de faire au mieux leur job et ont tous reçu les palmas de la part du public, le salut de Gabin Réhabi au deuxième de la tarde me semblant inapproprié. Bien que piquant correctement lors de la première vara, il ne put garder la pique dans le dos de l’animal au second assaut où il resta acrobatiquement sur son cheval Tabarly. L’échec fut plus évident au dernier galop du Pedraza, où, juste après une girouette sur place avec son cheval, il ne planta pas la lance dans l’animal (!) alors que la musique accompagnait le tercio. Au final, il salue alors qu’il n’a placé qu’une pique et demie en trois rencontres. Cherchez l’erreur ! Le public, séduit par les qualités d’équilibriste du cavalier, a demandé le salut… que d’autres piqueros, par la suite plus adroits, n’ont pas eu le droit de faire… Nous noterons également la panique mise en piste par le 6 qui, sans mise en suerte, fut châtié près de la porte d’entrée des cavaliers. Après un batacazo, il revint à trois reprises pour se coller longuement contre le matelas de l’équidé. Bonijol et son cheval luttant seuls contre le toro fut un moment très salué par le public lors de ce dernier tercio de pique.
 
Aux banderilles, les bichos ont très souvent accompagné les peones jusqu’aux planches. Dans cet exercice, deux habitués ont été prié de se décoiffer sous l’ovation des gradins : Fernando Sanchez au 1 et 4 et Angel Otero à ce même quatrième.
 
Enfin, pour les derniers tiers, les Pedraza ont donné beaucoup de jeu, associant mobilité et caste. Ils se sont montrés souvent à leur avantage dominant les maestros excepté Juan del Alamo qui se montra supérieur à son premier avec une bonne faena coupant au passage une oreille méritée. Mais le jeune torero resta à mon goût en dessous de son second bien que coupant de nouveau un pavillon alors que, je pense, régnait la confusion dans le public. En effet, certains demandaient l’oreille alors que d’autres réclamaient le vuelta de Fantasioso. Résultat, le palco fit tomber le mouchoir blanc (vite protesté) puis quelques instants après le mouchoir bleu qui fit taire immédiatement toutes les agitations. Le public désapprouve la remise du trophée au torero qui associe, lors de sa tournée de piste, le mayoral, Miguel Angel Sanchez « Curro ».
Les deux autres maestros du jour Javier Castaño et Manuel Perez Mota n’ont pas été à leur avantage. Le premier, toujours en difficulté, ne trouve pas (plus) le sitio. Loin de son adversaire, il use du toreo profilé et distant qui ne porte pas sur ce type de bétail. Le second montra peut-être un peu plus d’envie mais tomba sur le 2, le moins disponible à la muleta, et resta sans moyen à son dernier.
 
A l’issue de la course, Juan del Alamo chahuté par le public refuse de sortir a hombros. C’est le mayoral de l’élevage qui aura les honneurs de cette sortie.
Bonijol est ovationné et, au lieu de saluer seul, invite les six picadors pour une belle photo de famille.
Dans la foulé du triomphalisme général, voilà que Tabarly fait son tour de piste conduit par Madame Bonijol et Gabin Réhabi ! Le public est euphorique.
 
La présidence quitte le palco, il est 21h…
Le bonheur se lit sur le visage des spectateurs !
 
Olivier

mercredi 5 août 2015

Pedraza en deçà à Azpeitia


Azpeitia - 6 toros de Pedraza de Yeltes pour Javier Castaño, Juan del Alamo et Alberto López Simón

 

Beaucoup de français avaient fait le déplacement pour venir assister à cet encierro de Pedraza de Yeltes, prix du meilleur toro l’an dernier dans ce coso. A l’issue du paseo, l’éleveur ainsi que Juan del Alamo se voyaient remettre en piste leurs prix de triomphateurs de la feria 2014. 

Les remises de prix en piste avant une course n’ont jamais été mon fort, de même que les répétitions des élevages triomphateurs souvent de moins bonne facture lors de leur répétition. Enfin, le décor étant planté, la course pouvait débuter. 

Et le succès attendu ne fut pas au rendez-vous. Les Pedraza n’ont pas eu la caste et l’alegria rencontrées dans les ruedos l’an dernier. La noblesse est certes bien présente mais avec une certaine faiblesse chez les 2, 6 et de la  mansedumbre pour les 1 et 4. La bravoure quant à elle ne fut pas mise en évidence, le palco décidant de suivre les ordres des espadas résumant ainsi le tercio de pique à la monopique, exception faite pour les 1 et 4 qui ont eu droit aux deux rencontres dont un batacazo pour ce dernier.

Tous colorados mis à part le cinquième negro, affichant plus ou moins 590 kg sur la romaine, les 1 et 6 furent applaudis à leur entrée en piste. Les arrastres quant à eux ont été assez variés, sifflé celui du 1, divisés pour les 2, 5, 6 applaudi au 3 et honoré d’une vuelta (?)  pour le 4, Burreñicio.

Castaño au diapason de son premier dans la médiocrité écoute les palmitas. Il se reprend à son second donnant plus de jeu, tirant un peu plus le bras mais sans réel succès, salut après une pétition très minoritaire.

Juan del Alamo profite de l’embestida du 2 sans toutefois peser sur son adversaire mais en transmettant sur des gradins festifs, s’octroyant ainsi le premier pavillon de la tarde. A son second, de charge courte et brusque, il ne se montre pas à son avantage et rejoint les planches avec les palmitas.

Lopez Simon, qui se présentait dans ce ruedo, se fait remarquer par un trasteo vertical dans un terrain réduit manquant cruellement de profondeur mais portant sur le public qui demande les deux oreilles mais n’en obtient à juste titre qu’une seule. Il joua dans le même registre au dernier de l’après-midi mais perdit la sortie a hombros à la mise à mort tuant son bicho d’un descabello dans le temps additionnel après moult tentatives…

A noter les saluts des banderilleros  Angel Otero au 1 et de Domingo Siro au 2. 

Olivier 

mercredi 13 mai 2015

Peut-être pas dacquois, mais pas si mal les Pedraza...

6 lourds et massifs toros de Pedraza de Yeltes pour Javier Castaño, Paco Ureña et Juan del Alamo.


S'il est clair que venir à Madrid pour assister à l'encerrona de Fandiño est un acte militant, il est tout aussi clair que venir à Madrid pendant la 1ère semaine de San Isidro est un acte principalement touristique. Ceci dit, la balade peut se révéler également aventureuse lorsque sont au cartel les toros Pedraza de Yeltes, certes pas assez robustes pour supporter leur poids, mais donnant un jeu puissant au premier tiers, pétulant au deuxième tiers, et, disons, inégal au 3ème tiers. Une course pendant laquelle, en tout état de cause, je ne me suis pas ennuyée.

Castaño torée les 1265 kilos de toro qu'il a reçus en partage à sa manière toute personnelle, laissant briller sa cuadrilla et faisant tant bien que mal face à la rudesse désobligeante de son premier adversaire qui avait été très vigoureux au cheval et avait bénéficié d'une brega parfaite signée Angel Otero. Arrastre applaudi.
L'étrange épisode survenu au 4ème s'est produit après un magnifique batacazo dont le cheval a eu beaucoup de mal à se relever avant que d'être finalement délesté en piste de son peto. Pendant ces minutes ubuesques, le toro a finalement été piqué par deux fois au cheval de réserve (en poussant sous le troisième puyazo) qui était aussi prudemment que malheureusement resté au toril. Otero se fait de nouveau sacrément remarquer au banderilles et oblige d'un geste discret Fernando Sanchez à saluer avec lui. Sanchez, très classe, refuse. Otero refuse à son tour de saluer seul. Ovation pour tous les deux. Tout va bien, il nous reste encore quelques toreros.
Au final, Hurante s'est révélé parado à la muleta, et s'en est allé mourir au toril. Arrastre très peu applaudi, mais un peu quand même. 

Paco Ureña fait correctement piquer son premier opposant, compliqué, qui réclamait me semble-t-il une muleta plus énergique et mieux maîtrisée que celle, quasi-sacrificielle, qui a envoyé le torero à l'infirmerie. Entendons-nous bien, je ne vais pas à la corrida pour voir des gens raisonnables. C'est important à plusieurs titres que les hommes risquent de mourir : outre que c'est le fondement de notre tauromachie, c'est aussi ça qui maintient la tension romantique. Mais voir un homme faire plusieurs fois la même erreur sachant qu'il ne peut plus compter que sur ce ressort émotionnel pour se gagner le coeur du public, ça ne me satisfait pas.
Son deuxième toro, sorti en 6ème position, ne tenait pas mieux sur ses pattes que Ureña lui-même, courageusement sorti pour sa part de l'infirmerie... avant d'y retourner.

Juan del Alamo s'est régalé au capote toute la soirée, et nous avec. Son 2ème toro, sorti avec une faiblesse marquée (comme plusieurs de ses frères), soulève pourtant le cheval lors de la première rencontre mais se coince une corne dans le peto. Il en ressort longtemps après, avec les stigmates d'une poire williams un peu trop cuite.
Le maigrichon du jour (547 kilos) sera arrastré sous une magnifique ovation après que del Alamo nous ait fait subir le supplice du pal (celui qui commence si bien et qui finit si mal). Comme à Azpeitia l'an passé face à cette même ganaderia, le jeune homme oscille entre vérités fondamentales et sornettes inconsistantes. Mais on n'est pas à Azpeitia et le matador entendra les sifflets avant même d'avoir tué le toro le plus complet de la course... pour l'avoir placé en lui donnant la sortie contraire au moment de la suerte suprême. Malgré tous ses travers, Madrid restera toujours Madrid...

Zanzibar

NB : corrida vue avec mes vrais yeux et pas avec ceux du cameraman de Canal + Toros 

vendredi 15 août 2014

Dax, 4ème corrida de la feria

6 Pedraza de Yeltes pour Antonio Ferrera, Diego Urdiales et Javier Castaño

Red Hair (cocktail préféré de Monsieur Ernest Hemingway)

  • 1 once de vodka poivre
  • 1/2 onces de jus de limette
  • 1 trait de grenadine

Sec et fort en "gusto", ce cocktail est une boisson "para la gente" qui savent apprécier le traître "beso" d'une belle rousse.

A part les 2 et 5, "los toros" roux-rouges envoyés de Yeltes avaient "la acidez" de la limette et "la fuerza" de la vodka. "Desgraciadamente", la vodka, même poivrée n'a que peu de "gusto" et il manqua "al encierro" et tout petit peu d'âpreté pour totalement contenter les rares "aficionados a los toros" qui s'étaient déplacés dans la "ciudad termala" ("esto cartel" étant le seul à ne pas faire "lleno" durant toute "la feria", quelques places étaient disponibles à "la taquilla").
Ceci dit, il y avait tout de même à "beber y a brindar" dans cette "corrida" qui nous a bien vite fait oublier les fades précédentes. Plus "violentos que bravos al caballo", les rouquins provoquèrent tout de même "dos batacazos". Ils eurent de plus "el merito" de ne jamais baisser de pied "a la muleta".

Ferrera s'est appliqué à son "primero", faisant penser qu'il était définitivement passé du côté "torero de la aficion" mais son naturel de novillero bravache et "pueblerino" revint à son second. Nous ne pûmes alors que le siffler gentiment, "la sonrisa" aux lèvres.

Urdiales gagne petit à petit "el corazon" de ceux qui n'ont jamais trop cru en lui. "Lidiador de frente" dès que possible et matador, il fit preuve de "dominio" et même "de entrega", malgré son visage taillé à la serpe et son sourire de "franquisto".

Castaño... même "su cuadrilla" n'y croit plus. Malgré "un sorteo" à la Deschamps, il ne fit rien des "dos toros de vuelta" à sa disposition. 2015 sera peut-être la bonne année pour lui, celle du repos y de "su despedida" ! "Enhorabuena".

Corrida qui ne sera pas "repetida" l'an prochain par l'assertion dacquoise qui promet de ne jamais programmer "las mejoras ganaderias" d'une année sur l'autre (Cuadri ou Dolores Aguirre "por exemplo", lors des férias précédentes). 

A noter : la feria devient longue pour notre alguazil préféré... chute au lancer de la clé... retour à pied au burladero à 2000 à l'heure... On a beau s'y attendre, ça surprend toujours.

El Nuevo

samedi 2 août 2014

Le rendez-vous d'Azpeitia

Azpeitia

En contrefaisant Tio Pepe on pourrait écrire : Cuadri = fijeza + genio. Ce qui produit une bravoure dure et sèche, et une tendance à coller aux banderilles et à passer court dans la muleta. Toros qui permettent trois ou quatre séries de muletazos dont il faut profiter vite et bien. Rien de bien moderne à attendre de ces bêtes là mais il est rare de retrouver dans un élevage autant de régularité dans les caractéristiques.
Tel est le Cuadri encasté. Les trois derniers avaient le bon profil, surtout le cinquième. Pour le reste... 
Il y a peu à dire des tercios de piques... modestes, hormis un batacazo au cinquième. 
Aux banderilles, souvent aux fesses le feu fut. Les cuadrillas de Paulita et Castaño animées par quelque competencia ont rivalisé d'aguante, d'audace et de créativité.

Acteurs essentiels ici, le public attentif et la musique enlevée et très présente, animent l'atmosphère sereine et joyeuse de ce coin de Guipuzcoa qui respire l'aficion que Saint Sébastien a perdu depuis longtemps. Enfants, papis et mamies, adolescents, papas, taties, tontons et mamans... une grande famille de bonne humeur se retrouve dans la jolie placita à 18h30.

Une fois n'est pas coutume, Castaño était motivé... du moins au début, avec le premier impotent, puis "patatras" à l'heure de tuer. A son second il alterna du bon et du pico, nous infligea quelques artifices populaires, une voltereta, une estocade, et une oreille.

Paulita, bien au  capote toute la soirée s'est retrouvé à la peine avec le poussif Comino, pinchazo et demi-estocade. Il va passer à côté du bon cinquième à trop tergiverser et à trop vouloir prendre la mesure de Jabalino. Il coupe une oreille affectueusement réclamée derrière une estocade valable.

Sergio Serrano à son premier s'adapta et parvint à extraire le peu d'extractible dans des séries discutables quant au sitio. Un pinchazo et trois-quarts de lame. Il était chargé de la clôture avec Mercancias de 595kg, armé et sérieux, voire intimidant et d'ailleurs il fut intimidé par ce tio sans atome crochu avec la Compagnie de Jésus et Saint Loyola Ignacio, le saint patron des revendeurs. Deux pinchazos et une bonne contraria .

Devant les arènes, les serveuses en chemisier blanc vous proposent le demi pression, dans un grand "verre en verre" et à pied, pour deux euros. C'est l'éco-cup qu'on assassine.

El Ubano

lundi 21 juillet 2014

Madeleine - Corrida de Miura



Soleil et nuageux, arènes presque combles. 

Six toros de Eduardo Miura. Lot très bien présenté, dans le type Miura, dont les 4ème, 5ème et 6ème dignes d'une plaza de première catégorie. 9 piques et 6 rencontres. Bon comportement au premier tiers des 2ème, 3ème et 5ème. Toros difficiles et compliqués mais course très intéressante. Le premier toro : un régal pour l'aficionado qui a retrouvé le vrai comportement du Miura. 

Rafaelillo s'est joué la vie comme si c'était la dernière tarde de sa vie...
Volontaire, appliqué, courageux, le torero murciano a croisé le fer du premier Miura, et quel toro de Miura, le vrai, celui que l'aficionado connait, le coup de corne de côté, répété à chaque passe, la peur et la mort qui rôde dans la plaza. Terrible.
Rafaelillo, la peur il ne la connait pas devant ce premier astado auquel il se présenta de face tout au long de la faena. Arrachant derechazo par derechazo, gagnant du terrain, seconde après seconde, mètre après mètre. Une leçon de courage, de torero, une grande estocade et surtout une lidia merveilleuse lui permettra de conquérir la plaza entière… sauf un homme, un président qui devrait penser à se couper la coleta...
Certainement la mauvaise note de la soirée, Monsieur Lalanne est passé à côté de ce grand moment d'émotion, de peur, et de plaisir à la fois tant Rafaelillo a dominé son sujet. J’aurais souhaité lui voir octroyer les deux oreilles mais le président en a décidé autrement, je respecte son choix, mais ce que je souhaite désormais, c'est que ce monsieur ne se présente plus au palco du Plumaçon... 

A son deuxième toro, Rafaelillo a encore marqué des points auprès de l'aficion. Mon voisin définit le nouveau combat qui s'offrait à nos yeux : "la force face à l'intelligence". Ce Miura était plus dur que son premier, plus réservé, imprévisible, il s'arrêtait sans arrêt au milieu de sa charge...
Le maestro a su trouver le sitio et tirer juste les 10 passes nécessaires pour s'offrir la Grande Porte.
Sortie méritée pour Rafaelillo, son courage et sa détermination lui ont permis de renaître enfin auprès de l'aficion. Suerte maestro pour la suite de la temporada, je m'incline devant votre courage.
 

Fernando Robleño a eu sans doute le lot le plus compliqué, deux toros difficiles, presque intoréables.
Il a su tirer quelques passes, mais son manque de confiance se ressent de semaine en semaine...
Fernando a du mal mais sa lidia et son courage lui ont permis de s'en sortir.
 

Javier Castaño a fait du "Castaño" avec un dernier toro castaño. Limité, profilé, brouillon mais toujours courageux, il continue son "meeting camada Miura" avec de plus en plus de difficultés... Javier nous fait peur à chaque sortie, mais hier c'était les Miura, on ne peut que le respecter.
Les Miuras restent les Miuras. Des Toros toujours redoutés par les Hommes.
 

Un remerciement particulier à José Mora qui nous a offert une formidable pose de banderilles dans les cornes du quatrième Miura.

Cyrille

jeudi 5 juin 2014

San Isidro - Corrida de Cuadri

Celestino Cuadri pour Javier Castaño, Ivan Garcia et José-Carlos Venegas (confirmation). 

Comme le dirait l’immense Homer Simpson : « Le problème des chips légères c’est qu’il faut boire deux fois plus de bière ». Et les Cuadri allégés en caste de cette édition 2014 n’ont pas été accompagnés d’assez de degrés de toreria pour que nous ayons, à défaut d’une course de toros, une bonne course de toreros. 

Lot bien roulé dans le type maison, un peu juste pour Madrid les 2 premiers (?), globalement mansote, douchant à la deuxième rencontre les maigres espoirs parfois suscités à la première (notamment un batacazo dû au piquero sur monture trop droguée au 6). Si les 3, 4 et surtout 5 avaient peu à donner, 1 et 2 permettaient faena et le 6 s’est allumé en se jetant sur la muleta comme Homer sur la dernière Duff dans le frigo. 

Javier Castaño est devenu le subalterne de sa propre cuadrilla (Fernando Sanchez, a gusto, et David Adalid ont salué deux fois), marginal et fade. Rinconera et silence. Tendida trasera, descabello et silence. 

Ivan Garcia a toréé 2 fois en 2013, faut-il que personne d’autre ne souhaite ‘prendre’ les Cuadri pour le programmer ? Déficient avec l’épée, 1 avis avec le 3, silence aux deux. 

José-Carlos Venegas brouillon avec son toro de confirmation (« Ribete » n°31 pour les statisticiens), se laisse mener aux planches. Pinchazo, belle entière et salut après 1 avis.
Le bouillonnant 6ème charge donc comme un missile sol-sol et Venegas essaye de faire front. 
Ses demi-passes slicées à gauche éprouvent la clarté de la charge jusqu’à une effrayante cogida, dont on le relève sans blessure. Demie, série de descabellos et 1 avis.

Ouf ! Cañas para todos ?

Marc