Affichage des articles dont le libellé est Claude Popelin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Claude Popelin. Afficher tous les articles

mercredi 19 février 2014

Grammont et non pas Grammont

Corrida des Quinconces


Nous tenons à signaler une "erreur-pire-une-faute" qui est en train de se propager depuis 1895. Aussi faut-il trancher avant que le mal ne se répande dans l'ensemble du corps intellectuel taurin français qui n'a pas besoin de ça : le toro de combat est "res propria" (il existe un propriétaire) et donc un animal domestique, on ne le dira jamais assez ; et puis c'est mieux pour nous, imaginez qu'il soit classé chassable, espèce protégée ou animal de compagnie... 

Claude Popelin (1899-1981) (un parisien), dans le célèbre ouvrage "Le Taureau et son Combat", à la page 17, attribue l'historique loi de 1850 au  duc de Grammont, ministre de Napoléon III « qui n'hésitait pas à présider les premières corridas de Bayonne aux côtés de l'Impératrice Eugénie ». Erreur mon pote, ce n'est pas le bon Grammont. Il s'agit en fait du député Jacques Philippe Delmas de Grammont (1796-1862) qui fut général et qui avait fait les campagnes d'Afrique et commandé le huitième hussard, nom de Dieu. 

Ce brave homme aimait les chevaux et s'indignait qu'on les maltraitât. Aussi avait-il fondé la Ligue Française de Protection du Cheval en 1850 et, le 2 juillet de cette année-là, il fait voter à l'Assemblée Nationale Législative un texte qui dit « Seront punis d'une amende de cinq à quinze francs, et pourront l'être d'un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques ». 
Qu'importe, en septembre 1922 à Béziers, le Juge du tribunal de simple police, M. Cailler,  prononce la relaxe de six "toréadors" prévenus d'avoir mis à mort des taureaux. 
M. Cailler « déclara que les taureaux ne sont pas animaux domestiques protégés par la loi Grammont ; que l'auteur de cette loi a présidé lui-même une corrida à Bayonne, où assistaient l'empereur et l'impératrice...». * 

Double erreur ou mauvaise foi d'un juge aficionado qui non seulement se trompe de Grammont mais affirme que le toro n'est pas un animal domestique alors même que depuis le 16 février 1895, la Cour de Cassation, constante, affirmait le contraire. 

El Ubano

* Maurice Ferrus (1876-1950) (un bordelais) auteur de La Corrida à travers les âges (1925) qui vient d'être réédité par l'UBTF.

vendredi 27 décembre 2013

Le "cite" de Miles


Selon la définition qu'en donne Claude Popelin dans La Tauromachie, le cite est un geste d'appel, parfois accompagné de la voix, par lequel le torero attire l'attention du taureau et provoque sa charge. 

Miles Davis, figura parmi les figuras (ceux qui n'aiment pas le jazz n'ont qu'à viser le trapio de la bête pour s'en convaincre), réinvente le cite et capte l'attention du toro avec son leurre cuivré.

Le bicho ne tarde pas, il charge avec alegria, se déplace avec fijeza. Rapidement, il se fait bronco. Cherche l'homme derrière la trompette. Le combat sera rude.