Affichage des articles dont le libellé est Cornada. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cornada. Afficher tous les articles

mercredi 26 novembre 2014

Légende urbaine et vérité taurine

Si un jour vous voyagez au Mexique et que vous allez faire quelques emplettes au Palacio de Hierro (l’équivalent des Galeries Lafayette ou du Corte Inglés) du quartier de la Condesa, ne soyez pas surpris de ressentir tout à coup un froid envahissant, ne vous inquiétez pas de cette présence pesante et impalpable qui semble vous poursuivre. C’est le fantôme du "Torero de México", Alberto Balderas, qui vient vous saluer. 
Il faut savoir que l’emplacement situé entre les avenues Valladolid, Oaxaca et Salamanca n’a pas toujours été occupé par un grand magasin. Avant que ne s’y pressent chaque samedi les mexicaines atteintes de fièvre acheteuse, les aficionados s’y rendaient le dimanche pour aller voir des courses de toros. De 1907 à 1946, à cet endroit exact, se trouvait les arènes nommées El Toreo de la Condesa. 
Il faut également savoir qu’avant d’être réduit à l’état d’ectoplasme errant entre articles de maroquinerie et épilateurs nouvelle génération (ceux qui sont censés ne pas faire mal), Alberto Balderas Reyes fut un des dieux de Mexico. En l’espèce, on peut parler d’idole. 

La légende du Palacio de Hierro est née en plein hiver. Un 29 décembre.

Balderas avec son dernier trophée

On est en 1940 et, à 16h00 ce jour-là, Andrés Blando se prépare à vivre l’un des plus importants moments de sa vie de torero : il va prendre l’alternative des mains de la plus grande figura du moment, Alberto Balderas. Les 6 toros sont de Piedras Negras. José González “Carnicerito” complète l’affiche en qualité de témoin.
Le parrain cède son premier toro, Lucerito, au jeune Andrés. Ensuite, Balderas coupe l’oreille de Rayado après s’être fait soulever sans mal. Puis Carnicerito accueille Cobijero. Capote, piques, banderilles. Il va alors prendre la muleta et lâcher le toro des yeux, juste le temps de s’approcher de la présidence pour lui demander la permission de tuer. A cet instant, Cobijero menace de se ruer sur l’homme. Le chef de lidia attire son attention pour le détourner de Carnicerito et court au quite.
La corne lui est entrée dans le foie. Balderas est mort avant d’arriver à l’infirmerie.
Les témoins de cette course tragique affirment que pas moins de 7 toreros en piste étaient vêtus de nuances de jaune...

Andrés Blando n'est pas devenu un grand torero mais il a fait son petit bonhomme de chemin... sans jamais être blessé pendant les quelques 30 années qu'il a passées dans les ruedos !
Il reçut sa première cornada le jour de sa despedida. Alors qu’il avait lidié ses deux adversaires, les deux derniers de sa carrière, il est revenu en piste pour faire un quite au sixième toro de la course... et c'est là qu'il s'est fait prendre. C'est la corne du toro d'un autre qui l'a lui aussi attrapé. Baptême tragique, despedida sanglante, et au milieu, une vie de modeste torero.

Zanzibar

mercredi 21 mai 2014

Quand la corne épargne...


Mariano Rivera

30 janvier 1955

Tout le monde sait l’histoire de l’écrivain belmontiste, Ramon del Valle Inclan, qui dit un jour à son ami torero : « Juanito, il ne te reste plus qu’à mourir dans l’arène ». Ce à quoi, Belmonte aurait laconiquement répondu : « On fera ce qu’on pourra Don Ramon. »

Inexplicablement, les toros épargneront Belmonte et le matador finira par défier la mort au revolver puisque les cornes n’y avaient pas suffi.

Mariano Rivera, fameux banderillero qui a sévi en Espagne pendant quelques 25 années avant que la guerre civile ne le renvoie dans son Mexique natal, lui, est bel et bien mort dans l’arène. L’évènement ne lui confèrera pas le statut de demi-dieu qu'il aurait conféré à l’illustre sévillan. Il est vrai que la mort du subalterne ne doit rien aux toros...

Ça se passait un dimanche, le 30 janvier 1955 exactement, à la Monumental de Mexico.
Au cartel : 6 toros de Jesús Cabrera pour Guillermo Carvajal qui confirme son alternative, Alfonso Ramírez "El Calesero" (parrain), et l'espagnol Emilio Ortuño "Jumillano" (témoin).
Ce jour-là, le banderillero officiait dans la cuadrilla du matador espagnol. Après la mort du cinquième toro, ce dernier promène un cartilage très fêté. Mariano l'accompagne, puis s'écroule.

Mort en faisant la vuelta. Crise cardiaque.

Zanzibar 

Sur la photo : Mariano Rivera, dans le patio des cuadrillas, quelques minutes avant de faire son dernier paseo.

"Es Mariano Rivera un fino y excelente banderillero y un buen peón de brega. La disciplina y sobriedad en la brega que caracterizó la brega que caracterizó la cuadrilla mejicana con la que vino a España parece que infundió carácter a su toreo. Ha llenado siempre su puesto con eficacia y con honor..." 

José María de Cossío. Los Toros, tratado técnico e histórico, Vol. III.

lundi 14 octobre 2013

L'autre pays de la corne

Juan Luis Silis - Source Facebook

Dans 10 jours, je pars pour le Mexique.

Ce pays où les enfants courent pieds nus vers leurs 15 ans,
 

Ce pays où l'on défie joyeusement la mort et où l'on fait la fête avec sérieux,

Ce pays où beaucoup ont très peu et où très peu ont beaucoup,

Ce pays syncrétique où l'on mange son pan de muerte en buvant du coca-cola,

Ce pays de volcans, de terre qui tremble, de déserts, de lumières et de poussière,

Ce pays qui attire autant qu'il effraie,

Ce pays de Frida, de Diego, de Taibo el segundo,

Ce pays de toros,

Ce pays de toreros...



Zanzibar