samedi 12 juillet 2014

Culture

Héritages

A l'heure où beaucoup se creusent la tête à la recherche de solutions pour ramener des jeunes dans les gradins, les plus gâteux d'entre nous se souviendront que dans des temps pas si éloignés existait une coutume largement répandue qui consistait à ouvrir les portes des arènes à la mort du cinquième taureau. Et cette pratique avait des adeptes chez les moins jeunes aussi. Cela suppose que des espaces soient restés vides dans les gradins, puisqu'en 2014 il n'est pas envisageable de laisser des spectateurs s'installer dans les escaliers.

Nous en profitons pour rappeler au passage que dans les endroits où les débarquements nocturnes et silencieux des taureaux de la féria se déroulaient en public, ce spectacle "intime" permettait aux curieux et aux initiés de  se retrouver dans une ambiance particulière et les billets vendus soulageaient la trésorerie. Les taureaux suscitaient d'interminables commentaires.

Les affiches ont aussi un rôle. A force de les dépouiller d'informations pour en faire des objets de "design" épurés, on croirait parfois avoir à faire à une expo à la MJC. La corrida à pied est anachronique donc : une affiche doit comporter un maximum d'informations exotiques concernant l'élevage et les participants à pied ou à cheval, la "cuadra", les fers, les devises etc... et surtout la mention " EXTRAORDINAIRE CORRIDA DE TOROS ".

Les alguazils escortant l'arrastre allant chercher le bon peuple dans les rues et devant les cafés sont un détail, soit, mais c'est motivant et coloré. On en viendrait à regretter les revendeurs clandestins connus de tous.

Ce sont tous ces petits riens qui participent  à l'épanouissement d' une "culture" revendiquée.

El Ubano


jeudi 10 juillet 2014

Les toros de Pampelune en image

Adolfo Martin


Fuente Ymbro


Fuente Ymbro


Adolfo Martin


Jandilla

Fuente Ymbro


Toutes les photos sont de Cyrille

mercredi 9 juillet 2014

Ivan Fandiño, figura del toreo y de Pamplona


Pampelune - Casi lleno, frais et beau temps. 

© Inge Morath

6 Toros de Victoriano del Rio, très bien présentés et très bien armés. 
Lot homogène, 8 piques et cinq rencontres. Corrida intéressante à la muleta. 

Premier Toro, Brevito, 600 kgs, 5 ans et demi. Noble à droite, une bonne charge, blessé à la première série de Padilla. 
Deuxième toro, Eliotriopo, 595 kgs, presque 5 ans. Deux bonnes charges, de la noblesse mais réservé.
Troisième toro, Endiosado, 590 kgs, presque 5 ans. Une forte charge et une belle poussée. 
Quatrième toro, Frenoso, 540 kgs, 5ans. Deux petites piques et une rencontre, peu de charge à la muleta et distrait. 
Cinquième toro, Espanol, 550 kgs, presque 6 ans. Deux rencontres, d’une grande noblesse, et des embestidas extraordinaires, le toro de la soirée à la muleta. 
Sixième toro, Impuesto, 545 kgs, presque 5 ans. Une bonne charge et une rencontre. Toro noble avec de grandes embestidas. 

Juan Jose Padilla, professionnel et lidiador. Très mal servi par son lot de toros. Silence et Silence. 

Ivan Fandiño, torero de Pamplona. Lidiador dans tous les tercios, une grande estocade à son premier. Une oreille et deux oreilles après un avis.

Juan Del Alamo, très vert. A son premier, volontaire, professionnel, souvent profilé. A son deuxième, volontaire, mais très limité, dans le sitio, et malheureux à la mise à mort. A revoir dans un autre contexte. Silence et Silence.

Les toros de Victoriano del Rio servent en principe pour les figuras del toreo. Ici à Pampelune, Tomas, Morante, Manzanares et tous les autres sont aux abonnés absents. Et bien c’est tant pis pour eux, ce soir les six toros de Victoriano étaient très bien présentés, intéressants à la muleta, et même un brin géniaux pour le cinquième et le sixième de la soirée. Deux toros ont bousculés les chevaux, le troisième nous a crédité d’une formidable charge, d’une exceptionnelle poussée et d’une merveilleuse pique d’Oscar Bernal.
Le banderillero Miguel Martin s’est illustré sur le deuxième toro, posant une fabuleuse paire de banderilles dans les cornes du toro.

Ivan Fandiño a fait chavirer la plaza de toros de Pamplona, tout d’abord à son premier par trois grosses séries de derechazos suivies d’une grande entrada a matar qui aurait pu lui couter très cher.
On savait déjà Fandiño courageux lidiador et grand professionnel, à son second il a été torero de verdad, torero de Sevilla, lidiador de Madrid et torero de coeur pour Pamplona à la fois.

Cyrille

mardi 8 juillet 2014

Dolores, un amour pour les chevaux...


© Inge Morath

Pampelune - Casi lleno, temps couvert et frais.

6 toros de Dolores Aguirre, très bien présentes et très bien armés.

Lot homogène, 11 piques et une rencontre. Corrida très intéressante au cheval.

Premier toro, Carafeo, 490 kgs, 4 ans et demi. Assassiné sous la pique et difficile à la muleta.

Deuxième toro, Bilbatero, 530 kgs 4 ans et demi. Deux belles charges au cheval, toro avec beaucoup de noblesse à droite, intéressant à la muleta.

Troisième toro, Cubatisto, 530 kgs, 4 ans et demi. Une forte charge et une rencontre, nombreux signes de faiblesses à la muleta et manso du début à la fin.

Quatrième toro, Pitillito, 585 kgs, 4 ans et demi. Deux grosses piques et deux superbes charges accompagnées de belles poussées, un fond de noblesse.

Cinquième toro, Carafeo, 595 kgs, 5 ans et demi. Deux grosses charges et deux fortes poussées au cheval, intéressant à droite, et réservé à gauche.

Sixième toro, Caracorta, 595 kgs, 4 ans et demi. Le toro de la soirée au cheval, deux charges énormes et deux fortes poussées, très compliqué à la muleta.


Uceda Leal, ¡qué vergüenza!, en vacances au San Fermin, indigne d’un torero professionnel, faena de 4 minutes à son premier et de deux minutes à son second. Falta de respecto para todo el mundo. Silence et Bronca.

Francisco Marco, nene es el torero de la tierra. Courageux, volontaire, un desplante à son premier, et une bonne série de derechazos a son deuxième. Brouillon, profilé, très peu de lidia, fuera de sitio et répertoire limité. Silence et Silence.

Paulita, présentation à Pamplona ce jour. Lidiador, sobre et très professionnel. A son premier, trois belles séries de derechazos et deux bonnes séries à gauche. A son deuxième, volontaire et appliqué, dans le sitio, et malheureux à la mise à mort. A revoir au plus vite. Silence et Silence.

Cyrille

lundi 7 juillet 2014

Cornes de taureau *

Pilar Albarracín

Les lendemains, jours de restes.
  • restes de daube
  • pâte feuilletée ou feuille de brick ou de filo
  • 3 ou 4 oignons moyens
  • raisins secs, pignons, noix, amandes grillées
  • armagnac
  • escargots en boîte, champignons de couche
  •  huile d'olive, ail, persil
  • piment, muscade et 4 épices en poudre
  • 3 œufs
  • installer sur votre platine"Olé" de John Coltrane
Faire fondre doucement les oignons dans la poêle. Y ajouter la viande émiettée, les raisins gonflés d'armagnac, les fruits secs, les champignons et les escargots. Saler, poivrer.
Assaisonner à votre goût de muscade et de piment puis mélanger avec l'ail haché menu, le persil et les 4 épices. Incorporer 2 jaunes d’œufs et laisser refroidir.
Découper la pâte feuilletée à l'aide d'un bol et replier en forme de corne afeitée (épointée illégalement) ou non, poser une cuiller à soupe de farce au milieu, rabattre la pâte, jointer bien hermétiquement et badigeonner de jaune d’œuf. S'il s'agit de feuille de brick, enduire chaque feuille d'huile d'olive au pinceau.
Enfourner 20 minutes (180°, th. 4). Servir sur un lit de salade type mesclun et pissenlit d'Andalousie.

Très important : les convives devront se munir de serviettes vertes qu'ils sortiront éventuellement à l'arrivée du plat.

* Le taureau de combat : dix façons de le préparer - Régine & Georges Audabram - Les Éditions de l'Épure

vendredi 4 juillet 2014

Féria de Saint Paul lès Dax

 
Il s'agit donc d'une novillada (en gros) sans picadors (en petit) et provenant de l'élevage de Bañuelos.
Les matadors sont : 

El Adoureño

Ivan Gonzalez 

C'est un plaisir de faire de la publicité pour cette ganaderia qui depuis bien longtemps se limite aux "non-piqués" quel que soit l'âge des toros.

Attention, il s'agit quand même de l'évènement taurin le plus important du canton de Dax-nord du mois de juillet. Mais ici, en plus, il y a le lac et la verdure...

Ce mano a mano d'importance est organisé par la jeune peña locale : les Tanneurs. Que cela se sache de par la ville et par le monde. 

El Ubano

mercredi 2 juillet 2014

Mettre la jambe


Chouette statue à Rome

Il y avait une novillada de La Quinta dimanche soir à Saint Sever, ça a été formidable.

Merci au bétail dont le comportement a été parfait de bout en bout, même si les trois premiers étaient riquiquis et même si les 3 et 5 présentaient des cornes artificiellement mâchouillées dans le campo par une congénère affectueuse.
Mais ils ont chargé... comme des bêtes. Très noblement, interminablement et même saintement. Les chevaux ont pu s'exprimer en une douzaine de rencontres et un picador a même perdu son paquet de Marlboro sur la violence du premier choc du tout petit mignon.

En face, trois garçons hyper-entrainés et connaissant leur texte par cœur, parfaits dans tous les domaines, complets et tous bien coiffés... eux. Ils ont en commun de jeter leur muleta à chaque mise à mort et de beugler au moindre cite... eux.
La musique a joué aux six faenas... fait rarissime !

Tomas Angulo : quatre-vingt muletazos et il n'a pas oublié, une seule fois de hurler à chaque passe... C'est fort ! Puis voltereta sur un moment d'inattention et estocade contraire. A son second... tout pareil et deux avis précédant un bajonazo. 

Posada de Maravillas : c'est son nom que l'on peut interpréter comme « Troquet Merveilleux » , il s'est mis en quatre pour faire plaisir à tout un chacun. A son second, faible, nous avons attaqué un deuxième paquet de cacahouètes que Jef s'en fût acheter à l'ombre. Deux « jetages » de muleta à la mise à mort du premier et un seul « jetage » au second, mais 98 passes au total à son actif... « Si no ha visto Maravilla... » dit le proverbe.

Clemente : nous dirons beaucoup de bien de Clémente comme nous le ferons toujours avec ses prédécesseurs français, passés, présents et à venir. D'ailleurs il a coupé l'oreille du sixième novillo après 77 passes et une voltereta. A son premier, il était tellement au-dessus de son novillo qui était tellement en dessous que les gens sont restés sans réaction. Estoconazo deux fois.

Il faut absolument que Saint Sever redonne cette course à l'identique pour ceux qui n'ont pas eu notre chance. C'est possible. 

El Ubano