En me rapprochant des murailles pour rejoindre le tertre où
il était attendu, j'ai rencontré une vingtaine de Superman de tous âges, de
joyeux templiers, une équipe de baseball semi-professionnelle, quatre pères noël
frigorifiés et quelques pirates réchauffés.
Nous nous rendions tous au même
endroit, avec une impatience à peine retenue malgré les quelques 90 minutes que
nous savions avoir d’avance. Il y avait déjà sur place toutes sortes d'animaux
inattendus : des coccinelles à pois verts, des lézards tirant sur le orange,
des poussins plus très jaune malgré l'heure matinale, quelques grenouilles déjà un peu grises et une bande de lapins roses qui faisaient
main basse sur une caisse de Mahou pendant que Bob l'Eponge brindait de salon
un toro à une Blanche Neige encore endormie.
Plus loin, des mexicains
d'opérette papotaient avec une famille de tyroliens très approximatifs, un
joyeux diablotin embrassait une Marilyne pas très fraîche et une bouteille de
tequila faisait des échauffements au côté de quelques M & M's géants qui se
disputaient un capote ridiculement
petit.
Au milieu de l’esplanade herbeuse, un évêque dévergondé flanqué de quatre
bonnes sœurs velues aidait un imam à l'équilibre instable à retrouver ses
lunettes (l'esprit du 11 janvier est partout...) pendant qu'un type déguisé en
photographe professionnel essayait de me déloger de la barrière sur laquelle
j'avais élu domicile.
A côté de moi, une Cléopâtre, trois mousquetaires bien
emmitouflés et deux sportifs qui se sont préparés toute l'année pour l'accueillir parlent de lui avec une certaine fièvre.
Et voilà qu'il apparait, juste là, presque incongru, blotti au creux de
l'hiver, sous un sanglot de lumière grise, précédé d’un inquiétant mouvement de
foule et des cris des enfants. Il met la grosse cloche de la proche mairie en
émoi et moi aussi.
Il s'appelle Comedor.
C'est le Toro del Antruejo.
Vachement bien réussi le déguisement de toro !
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