Il faut savoir que l’emplacement situé entre les avenues
Valladolid, Oaxaca et Salamanca n’a pas toujours été occupé par un grand
magasin. Avant que ne s’y pressent chaque samedi les mexicaines atteintes de
fièvre acheteuse, les aficionados s’y rendaient le dimanche pour aller voir
des courses de toros. De 1907 à 1946, à cet endroit exact, se trouvait les arènes nommées El Toreo de la Condesa.
Il faut également savoir qu’avant d’être réduit à l’état d’ectoplasme
errant entre articles de maroquinerie et épilateurs nouvelle génération (ceux
qui sont censés ne pas faire mal), Alberto Balderas Reyes fut un des dieux de
Mexico. En l’espèce, on peut parler d’idole.
La légende du Palacio de Hierro est née en plein hiver. Un
29 décembre.
Balderas avec son dernier trophée |
On est en 1940 et, à 16h00 ce jour-là, Andrés Blando se
prépare à vivre l’un des plus importants moments de sa vie de torero : il va
prendre l’alternative des mains de la plus grande figura du moment, Alberto Balderas. Les 6 toros sont de Piedras Negras. José González
“Carnicerito” complète l’affiche en qualité de témoin.
Le parrain cède son premier toro, Lucerito, au jeune Andrés.
Ensuite, Balderas coupe l’oreille de Rayado après s’être fait soulever sans mal.
Puis Carnicerito accueille Cobijero. Capote, piques, banderilles. Il va alors prendre
la muleta et lâcher le toro des yeux, juste
le temps de s’approcher de la présidence pour lui demander la permission de
tuer. A cet instant, Cobijero menace de se ruer sur l’homme. Le chef de lidia attire
son attention pour le détourner de Carnicerito et court au quite.
La corne lui est entrée dans le foie. Balderas est mort avant d’arriver à l’infirmerie.
Les
témoins de cette course tragique affirment que pas moins de 7 toreros en piste
étaient vêtus de nuances de jaune...
Andrés Blando n'est pas devenu un grand torero mais il a fait son petit bonhomme de chemin... sans jamais être blessé pendant les quelques 30 années qu'il a passées dans les ruedos !
Il reçut sa première cornada le jour de sa despedida. Alors qu’il
avait lidié ses deux adversaires, les deux derniers de sa carrière, il est revenu en piste pour faire un quite au
sixième toro de la course... et c'est là qu'il s'est fait prendre. C'est la corne du toro d'un autre qui l'a lui aussi attrapé. Baptême tragique, despedida sanglante, et au milieu, une vie de modeste torero.
Zanzibar
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